
La visite d’État du président américain Donald Trump en Chine, désormais prévue les 14 et 15 mai 2026, pourrait offrir des résultats tangibles, même si elle intervient plus tard que prévu initialement et dans un contexte international complexe.
Une visite reportée mais stratégique
Initialement planifiée il y a environ un mois et demi, la visite de Trump a été repoussée, en partie pour des raisons logistiques, mais également en raison des développements liés au conflit en Iran. Selon les analystes, le déplacement devrait se tenir après une stabilisation de la situation militaire au Moyen-Orient, avec des objectifs concrets mais modestes : accroissement des achats chinois de produits agricoles américains, d’énergie et d’avions Boeing, ainsi que l’extension de la trêve actuelle sur les tarifs douaniers et les contrôles à l’exportation. Des progrès sur l’investissement réciproque constitueraient un bonus, même si l’accès au marché ne devrait pas être au centre des discussions.
Des leviers américains affaiblis
Les récents événements, notamment la décision de la Cour suprême américaine et la guerre en Iran, ont modifié les leviers de négociation entre les deux puissances. La décision de la Cour a réduit le poids immédiat des tarifs douaniers comme moyen de pression, tandis que le conflit au Moyen-Orient a limité l’influence des États-Unis sur les marchés énergétiques mondiaux. Dans ce contexte, la Chine pourrait demander des réductions tarifaires plus larges ou des assurances contre de nouvelles taxes, en échange d’achats supplémentaires.
Des objectifs réalistes mais limités
Les investisseurs restent sceptiques quant à l’impact durable de cette rencontre sur les relations sino-américaines, qui restent marquées par un découplage stratégique. Cependant, les deux pays ont intérêt à sécuriser des gains tactiques pour stabiliser leur relation. Pour Pékin, les priorités sont claires : prolonger la trêve commerciale d’un an afin de limiter les perturbations et obtenir une approche américaine plus mesurée vis-à-vis de Taïwan.
Achats, énergie, avions et trêves
La Chine a déjà respecté ses engagements d’achats de soja conclus l’automne dernier, et pourrait élargir ses achats à d’autres produits agricoles, offrant un succès politique à Trump. Des accords portant sur des produits énergétiques sont également attendus, alignés sur les priorités de sécurité d’approvisionnement de la Chine. Enfin, un possible achat majeur d’avions Boeing – jusqu’à 500 appareils – constituerait la première commande chinoise importante depuis près d’une décennie. En retour, les États-Unis devraient prolonger la trêve tarifaire existante.
Des perspectives inattendues : investissements et diplomatie des pandas
Un potentiel supplémentaire réside dans les investissements bilatéraux. Des discussions récentes à Paris ont inclus ce sujet, et la création éventuelle d’un fonds d’investissement lié à la création d’emplois pourrait séduire politiquement en année électorale. Par ailleurs, la Chine pourrait renforcer sa diplomatie symbolique en envoyant de nouveaux pandas aux États-Unis, un geste de bonne volonté à faible enjeu politique.
Si cette visite ne bouleversera pas la trajectoire stratégique des relations sino-américaines, elle pourrait néanmoins produire des résultats concrets dans le commerce, l’énergie et la coopération symbolique, tout en stabilisant un dialogue parfois tendu.
Gaston Baht
Chaque semaine, recevez notre lettre d’informations Gavroche Hebdo. Inscrivez-vous en cliquant ici








