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J’ai l’impression que la France découvre, au lendemain du premier tour des municipales, une sorte « d’effet Mamdani ». Laissez-moi vous expliquer : aux États-Unis, en novembre 2025, l’élection d’un maire de New York à la fois musulman et issu de la gauche radicale semblait impossible à de nombreux observateurs et journalistes. L’accent était mis, dans la plupart des médias, sur les accusations d’antisémitisme portées contre lui.
Les mêmes, qui reconnaissaient la force et la pugnacité de sa campagne électorale, autour de thèmes comme l’accès au logement ou la gratuité des transports, se refusaient à croire que « Zohran » puisse être élu dans la première ville juive du monde. Jusqu’à ce que les urnes parlent et que la vérité éclate : une majorité de New-Yorkais, toutes confessions confondues, ne supportaient plus de se voir voler leur ville par la spéculation immobilière effrénée. Ils estimaient, en matière de gestion municipale, qu’une révolution est nécessaire. Et ils ont voté pour…
La France des communes que les médias ne veulent pas voir ressemble fort à cette révolution new-yorkaise. Dans les grandes villes, la France insoumise n’a pas pâti de la mauvaise réputation (justifiée) de Jean-Luc Mélenchon. Au contraire. Une partie des électeurs, excédés d’être sans cesse désignés comme des fauteurs de troubles parce qu’ils s’en prennent aux riches ou parce qu’ils défendent la cause palestinienne, ont choisi d’assumer. Leur gauche est celle de la rupture. Elle est fidèle à la tradition révolutionnaire française, convaincue que seule l’union des forces progressistes peut faire changer les choses.
Écrire cela, pour expliquer la performance non anticipée de LFI ce dimanche 15 mars, ne revient en aucun cas à excuser les écarts populistes et parfois odieux de Mélenchon. Écrire cela, c’est accepter qu’en dépit des admonestations médiatiques, une partie du pays reste cabrée dans sa colère et son indignation. Le tout, augmenté du vote communautaire des quartiers où prédominent les électeurs issus de l’immigration. Catherine Tricot, de la revue « Regards », a raison de souligner que là où la gauche a des élus crédibles et solides, LFI n’a pas tant progressé. C’est lorsque le socialisme mollit que l’ardeur révolutionnaire reprend ses droits.
François Hollande, qui rêve d’une nouvelle candidature présidentielle au centre gauche, a du souci à se faire.
Bonne lecture, avant le bal de l’Hôtel de Ville !
(Pour débattre : richard.werly@ringier.ch)
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