ASIE DU SUD-EST – ÉCONOMIE : Le nuage pétrolier iranien annonce une tempête asiatique
Les pays émergents d’Asie du Sud-Est sortiront-ils grands perdants de la guerre livrée contre le régime islamique iranien par les États-Unis et Israël ? À ce stade, on peut le craindre. La Chine, bien sûr, est aussi très exposée, mais son statut de seconde puissance mondiale lui permet d’espérer obtenir des passe-droits pétroliers de la part de pays producteurs encore capables d’exporter normalement leurs hydrocarbures, comme l’Arabie saoudite, sans parler des liens privilégiés entre Pékin et Moscou. Mais quid de pays comme la Thaïlande, le Cambodge ou le Vietnam, très dépendants des flux commerciaux et énergétiques mondiaux ?
Pour ces pays émergents, la guerre la plus courte sera la meilleure. Mais surtout, l’important est de rouvrir au plus vite le détroit d’Ormuz. La disparition de l’Iran comme pays producteur et exportateur de pétrole est moins le sujet que la fermeture de ce passage commercial décisif, tant pour le pétrole et le gaz que pour l’aluminium ou les engrais. Le destin de l’Asie émergente, on le sait, est lié aux détroits : celui de Taïwan et celui de Malacca, bien sûr, mais aussi Ormuz, au cœur du conflit.
Le nuage pétrolier iranien, si la guerre se prolonge, est annonciateur d’une tempête asiatique. Tempête commerciale, tempête touristique, tempête énergétique : sur ces trois fronts, la région est vulnérable. Les investisseurs doivent en avoir conscience. Les turbulences du trafic aérien, depuis le 28 février, anticipent les turbulences des bourses et de l’économie régionale. Attention, danger !

































































