
La Thaïlande a interdit l’importation du « Routledge Handbook of Contemporary Thailand – Second Edition », édité par l’universitaire thaïlandais exilé Pavin Chachavalpongpun, invoquant des menaces pour la sécurité nationale et l’ordre public. En exil depuis 2014, Pavin Chachavalpongpun est aujourd’hui enseignant et chercheur à l’université de Kyoto (Japon), après avoir été diplomate thaïlandais dans les années 2000, durant les mandats de Thaksin Shinawatra.
45 chercheurs ont participé à cet ouvrage
Selon l’éditeur, cette nouvelle mouture propose « une analyse approfondie de la domination persistante de la monarchie et de l’armée, des manœuvres juridiques systémiques visant à neutraliser les contestataires démocratiques, de l’émergence de mouvements dynamiques menés par la jeunesse, exigeant des réformes structurelles fondamentales. Au-delà de la sphère politique, l’ouvrage dresse un panorama complexe d’une société en pleine mutation : la transformation numérique qui a favorisé à la fois l’activisme en réseau et une surveillance autoritaire sophistiquée, les racines historiques des violences dans les provinces frontalières du sud, le passage des questions de genre et de sexualité de la marge au cœur du discours sur les droits humains. En réunissant des chercheurs de renom pour analyser la trajectoire contemporaine tumultueuse du pays, ce volume transcende les récits traditionnels pour offrir une étude incisive des dynamiques de pouvoir systémiques, des fractures sociales et de l’évolution des identités politiques qui définissent la Thaïlande d’aujourd’hui ».
Une publicité faite à l’ouvrage, selon Pavin
Toute personne important le livre en Thaïlande pour distribution risque jusqu’à trois ans de prison et/ou une amende de 60 000 bahts. Pavin a critiqué la décision, arguant que l’interdiction de livres à l’ère d’Internet ne ferait qu’augmenter la publicité et les ventes. La censure éveille souvent la curiosité. Parmi les collaborateurs de l’ouvrage, on retrouve l’universitaire américain Paul Chambers, spécialiste des questions militaires thaïlandaises. Arrêté en avril 2025 pour lèse-majesté, il avait quitté le royaume fin mai, après l’abandon des poursuites par le procureur général.
Philippe Bergues
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