C’est la question que tout le monde se pose après la révocation de la Première ministre Paetongtarn Shinawatra par la Cour constitutionnelle ce vendredi 29 août. La décision, fondée sur l’article 160(5) de la Constitution pour manquement éthique grave, entraîne la vacance du gouvernement, bien que les ministres restent en fonction à titre intérimaire. Cette nouvelle intervention judiciaire illustre une fois encore le rôle déterminant de la justice dans le jeu politique thaïlandais et alimente les inquiétudes sur la stabilité institutionnelle et la continuité des politiques publiques.
Trois personnalités apparaissent désormais en lice pour le poste de Premier ministre : Chaikasem Nitisiri, représentant du Pheu Thai, Anutin Charnvirakul, chef du Bhumjaithai, et l’ancien chef du gouvernement Prayuth Chan-o-cha. Dans ce contexte, le Parti du peuple – celui de la première ministre révoquée – détient une position clé. Il conditionne son soutien à l’engagement d’ouvrir un processus de révision constitutionnelle et de dissoudre le Parlement dans un délai de quatre mois. Quelle que soit la coalition formée, le mandat du nouveau chef du gouvernement risque donc d’être limité et de déboucher rapidement sur de nouvelles élections, accentuant l’incertitude sur l’orientation des politiques économiques.
Du côté des marchés, cette clarification est perçue comme un moindre mal par rapport à l’attente.
Les investisseurs privilégient en effet une issue, même provisoire, à l’impasse institutionnelle. La perspective d’élections anticipées pourrait être interprétée comme une opportunité de « remise à zéro », susceptible de soutenir le sentiment à court terme, malgré une visibilité réduite sur le long terme.
Parallèlement, l’attention reste focalisée sur le budget 2026.
Le projet de loi de finances a franchi l’étape de la Chambre des représentants et attend désormais l’approbation du Sénat. Son adoption reste probable, mais un rejet obligerait à un nouveau vote de la Chambre, créant un risque de blocage supplémentaire.
La révocation de Paetongtarn Shinawatra marque le quatrième « reset » politique imposé par la justice en vingt ans. Et comme souvent en Thaïlande, l’ombre d’un possible coup d’État militaire au nom de la nécessité d’un gouvernement stable, plane sur cette séquence politique.
Chaque semaine, recevez notre lettre d’informations Gavroche Hebdo. Inscrivez-vous en cliquant ici.