
Une chronique siamoise de Patrick Chesneau
Un sculpteur sur bois de nationalité italienne a été arrêté sur l’île de Koh Phangan, dans le golfe du Siam. Petit paradis, non loin de Koh Samui, vite transformé en enfer pour tous les « aliens » qui enfreignent la loi. Depuis plusieurs années, la police de l’Immigration resserre ses filets. Les interpellations et saisies se succèdent à un rythme désormais accéléré. Pourtant, personne ne crie « rafles, rafles ! ».
Dans ce cas précis, l’artisan, jugé illégitime par les autorités exerçait une activité réservée aux seuls Thaïlandais. Peut-être voulait-il meubler ses journées. Moyen commode pour engranger quelque revenu. Il a eu beau toucher du bois, pas de bol. Repéré, embarqué.
Prosaïquement, ça veut dire gros coup de rabot sur sa perspective de longévité au Royaume de Siam. Quelle sera sa planche de salut ?
En annexe, il faut rappeler qu’une liste officielle, régulièrement mise à jour, recense plusieurs dizaines de métiers strictement interdits aux étrangers. Même le bénévolat est proscrit dans la majorité des cas pour un immigrant (tout résident long séjour, expatrié, retraité) dont bien sûr les Farang, car « ça pique le boulot d’un local ».
Après arrestation, le contrevenant doit s’acquitter d’une amende. Prochaine étape, case prison avant l’expulsion. Il n’existe en Thaïlande aucun équivalent des OQTF françaises parfois impossibles à exécuter. Ici, la règle est simple : renvoi à la frontière — généralement via un aéroport — et injonction de quitter le pays sans délai.
La pratique du bouddhisme par 95 % des sujets du Roi ne semble pas être un frein aux coups de balai expéditifs. Éloignement des délinquants assorti, selon la gravité de l’infraction, d’un bannissement (blacklisting) du Royaume pour une période d’un an, plusieurs années ou à vie.
Tiens tiens… aucun Thaïlandais ne crie au racisme, à la xénophobie, à la haine colportée par l’extrême droite, au fascisme. La priorité nationale fait ici consensus.
Patrick Chesneau
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L’idée de l’article c’est que si un pays est sans pitié pour les étrangers il faut en faire autant ? Au moment où en France l’IGPN déclare que la corruption explose dans la police française il ne faut peut-être pas idéaliser non plus la Thaïlande. Difficile de prétendre que tout est parfait et sous contrôle. Un nouveau scandale vient d’éclater : des dizaines de milliers de cartes d’identité thaïlandaises étaient vendues à des chinois par des responsables à Chiang Mai.
EN ANNEXE, IL FAUT RAPPELER QU’UNE LISTE OFFICIELLE, RÉGULIÈREMENT MISE À JOUR, RECENSE PLUSIEURS DIZAINES DE MÉTIERS STRICTEMENT INTERDITS AUX ÉTRANGERS.
Je n’ai pas trouvé d’annexe concernant la liste officielle. Pouvez-vous me l’expédier. Merci d’avance. Cordialement
Excellent article de Patrick qui a une très belle plume aux jeux de mots prolifiques
Le problème c’est que les parlementaires français semblent trop bêtes pour voter une loi de réciprocité automatique.
Ex. : les Thaïlandais nous interdisent de travailler, de posséder des biens, etc. On leur interdit strictement en France ce qu’ils nous interdisent chez eux.
Loi qui serait applicable pour les citoyens de tous pays. Autre exemple : certains emplois ou le droit d’être parlementaire, ministre, etc., sont interdits en Algérie aux binationaux algériens/français. On fait pareil pour eux en France, et ainsi de suite pour tous les pays : lois sur les mariages, la nationalité, etc.
Mais quand les parlementaires français seront-ils intelligents ?