
Un bon éditorial est enraciné dans l’actualité. Une opinion mérite qu’on s’y attarde lorsqu’elle analyse les événements à chaud tout en donnant de la profondeur au jugement que l’on porte. Or, c’est au moment où de nouveaux missiles et drones iraniens viennent de s’abattre sur Dubaï que nous écrivons ces lignes.
Pourquoi parler du Moyen-Orient en tête d’une lettre d’information économique sur l’Asie du Sud-Est ? Parce que les deux régions sont liées. Dubaï est un pont financier et commercial, comme Singapour. Les deux cités-États sont d’ailleurs rivales. Dubaï rêve de détrôner Singapour. Possible ? À l’aune de la peur qui se répand aux Émirats arabes unis, la réponse est non.
Singapour a l’avantage d’être à la périphérie d’un champ de bataille géopolitique et de plusieurs aires culturelles et religieuses. Dubaï est au cœur du monde musulman. Singapour est à la marge du monde chinois, tout en assumant pleinement ses racines. Singapour est aussi dans le monde malais. Singapour reste enfin un porte-avions occidental planté dans l’Asie émergente. Singapour, enfin, incarne la capacité de faire vivre ensemble différentes religions et communautés. Tout cela n’existe pas à Dubaï, où le chant du muezzin rythme le quotidien, surtout durant le ramadan.
Singapour est moins clinquante que Dubaï. Certains la disent assoupie. Erreur. Singapour est un cerveau qui tourne à plein, consciente que rien ne sert de vouloir pousser les limites du ciel et de son territoire. Singapour a en tête, depuis son indépendance en 1965, les contraintes de sa taille et celles de la géographie. La guerre lancée contre l’Iran risque fort de confirmer encore davantage la justesse de la stratégie « made in Singapore ».
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