
L’offensive militaire menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran depuis le 28 février suscite une forte attention des marchés financiers. Selon l’analyse de GEMs FI Strategy & Economics, l’Asie devrait ressentir l’essentiel de l’impact économique du conflit à travers deux canaux principaux : le pétrole et le commerce international.
Chocs pétroliers et perturbations commerciales
Pour les économies asiatiques, les effets directs devraient d’abord se traduire par une hausse des prix de l’énergie et par des perturbations dans les routes commerciales, notamment celles reliant le Moyen-Orient aux marchés asiatiques. Les conséquences pourraient toutefois varier fortement selon les pays, en fonction de leur dépendance aux importations de pétrole.
Les analystes estiment néanmoins que l’impact sur la croissance économique régionale devrait rester limité à court terme, même si les tensions perturbent certaines routes maritimes. Les banques centrales asiatiques pourraient ainsi choisir de ne pas réagir immédiatement à une hausse temporaire des prix du pétrole.
Le scénario deviendrait plus préoccupant si la flambée du pétrole se révélait durable. Dans ce cas, une inflation plus élevée et une détérioration des termes de l’échange pourraient peser davantage sur la croissance dans plusieurs économies asiatiques.
Des situations contrastées selon les grandes économies
La région présente déjà des dynamiques économiques contrastées.
En Chine, les autorités ont fixé lors de l’Assemblée nationale populaire de mars un objectif de croissance du PIB compris entre 4,5 % et 5 % pour 2026, légèrement inférieur à la cible d’« environ 5 % » adoptée l’an dernier. Les indicateurs industriels ont montré un ralentissement en février, en partie lié aux effets du Nouvel An lunaire.
L’Inde, en revanche, continue d’afficher une activité industrielle robuste. Les économistes ont relevé leur prévision de croissance pour l’exercice fiscal 2026 à 7,6 %, contre 7,4 % auparavant.
Au Japon, la situation reste marquée par une inflation modérée : l’indice des prix à la consommation hors produits frais est passé sous la barre des 2 % pour la première fois depuis octobre 2024, principalement en raison de la baisse des prix de l’énergie.
Les indicateurs à surveiller
La semaine à venir devrait apporter de nouveaux éclairages, notamment avec une série de publications économiques en Inde et au Japon. Les analystes anticipent en Inde une inflation de 3,5 % sur un an en février, soit un plus haut de dix mois, tandis que la croissance des exportations pourrait nettement ralentir.
Au Japon, les estimations révisées du PIB du quatrième trimestre 2025 pourraient montrer une légère accélération de la croissance, soutenue par un investissement privé plus dynamique.
Dans l’ensemble, les économistes considèrent que l’évolution du conflit au Moyen-Orient et la trajectoire des prix du pétrole resteront les principaux facteurs susceptibles d’influencer l’économie asiatique dans les prochains mois.
Gaston Baht
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