
Le ton monte entre les autorités indonésiennes et les géants de la tech américains. Le gouvernement a mis en demeure Google et Meta pour non-respect de l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans, entrée en vigueur le 29 mars, a annoncé la ministre des Communications, Meutya Hafid.
Dans une vidéo publiée sur Instagram, la ministre a indiqué que des lettres de convocation avaient été adressées à Meta — maison mère de Facebook, Instagram et Threads — ainsi qu’à Google, propriétaire de YouTube. Les deux groupes sont accusés d’avoir enfreint la législation indonésienne. Ces convocations s’inscrivent dans une procédure de sanctions administratives, conformément au cadre légal en vigueur.
Jakarta justifie cette mesure par la nécessité de protéger les mineurs face aux risques croissants liés à l’usage des plateformes : exposition à la pornographie, cyberharcèlement, escroqueries en ligne ou encore dépendance numérique. Au total, près de 70 millions de jeunes de moins de 16 ans sont concernés dans un pays de 284 millions d’habitants.
La ministre a également pointé du doigt l’attitude des grandes plateformes, accusant Google et Meta de s’être opposés à la réglementation « dès le début ». En déplacement au Japon aux côtés du président Prabowo Subianto, elle a martelé qu’« aucune place ne sera laissée au compromis en matière de conformité ».
D’autres acteurs sont dans le viseur des autorités. TikTok et Roblox, bien que jugés encore non conformes, sont perçus comme engagés dans un processus d’adaptation. Ils recevront eux aussi des lettres d’avertissement.
« Nous privilégierons les plateformes prêtes à respecter l’Indonésie, non seulement comme marché numérique, mais aussi comme État de droit soucieux de la protection de l’enfance », a insisté Meutya Hafid, reconnaissant toutefois la complexité de la mise en œuvre dans un pays où les utilisateurs passent en moyenne entre sept et huit heures par jour en ligne.
Cette initiative place l’Indonésie dans le sillage d’autres pays. L’Australie a été pionnière en la matière en interdisant les réseaux sociaux aux moins de 16 ans dès décembre. Mardi, son régulateur a annoncé l’ouverture d’enquêtes visant plusieurs plateformes, dont TikTok, Instagram et YouTube, soupçonnées de contourner la loi.
En France, un débat similaire s’ouvre : le Sénat examine ce 31 mars une proposition visant à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une mesure soutenue par le président Emmanuel Macron.
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