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BIRMANIE – POLITIQUE : Le général-président Min Aung Hlaing est accueilli fraîchement en Asie du Sud-Est

Journaliste : François Guilbert Date de publication : 13/04/2026
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ASEAN - Birmanie

 

Une chronique birmane de François Guilbert

 

103 jours après le premier tour de scrutin législatif, le président de la République, ses deux vice-présidents et les 30 ministres issus des élections générales de l’armée ont prêté serment à Nay Pyi Taw. Les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire restent aux mains du général (cr) Min Aung Hlaing et de ses soutiens depuis le coup d’État de 2021. Cette continuité a eu pour effet de limiter la présence de délégations étrangères de haut niveau à la cérémonie du 10 avril.

 

Si plusieurs États riverains (Chine, Inde, Thaïlande) ont dépêché des envoyés spéciaux, ceux-ci étaient de rang secondaire. Parmi la cinquantaine d’invités d’une vingtaine de pays, la Thaïlande était représentée par Parnpree Bahiddha-nukara, ex-vice-Premier ministre sans portefeuille depuis 2024. La Chine a envoyé un cadre du Parti communiste, Jiang Xinzhi, et l’Inde un ministre délégué, Kirti Vardhan Singh. À cela s’ajoute le président de l’assemblée des nationalités du Belarus, Igor Sergeyenko. Cette faible participation contraste avec les discours officiels évoquant un pays « revenu sur la voie de la démocratie ».

 

La Birmanie n’est donc pas réintégrée dans l’ordre international et régional. Le général-président en est conscient. Dans son allocution de vingt minutes, il a dit vouloir « rétablir de bonnes relations avec l’ASEAN ». Mais la ministre des Affaires étrangères des Philippines, Tess Lazaro, a confirmé qu’il ne serait pas invité au prochain sommet de mai. Comme depuis novembre 2021, seul un représentant « non politique » pourra être associé, excluant notamment le nouveau ministre des Affaires étrangères, Tin Maung Swe.

 

Seul le Cambodge et la Thaïlande ont félicité Min Aung Hlaing

 

Selon la presse officielle, le roi du Cambodge Norodom Sihamoni a été le premier dirigeant d’Asie du Sud-Est à féliciter le nouveau chef de l’État le 6 avril, dans un message très chaleureux. Le Premier ministre thaïlandais a également adressé un message plus concis centré sur les relations bilatérales.

 

Deux autres lettres seulement ont été mises en avant par Naypyidaw : celles du président du Sénat cambodgien Hun Sen et du chef de la diplomatie thaïlandaise. Aucun autre soutien régional notable n’a été signalé, confirmant une reconnaissance limitée du régime. La diplomate philippine Tess Lazaro a par ailleurs rejeté toute invitation du général au prochain sommet de l’ASEAN.

 

La Commission d’État pour la sécurité et la paix disparaît, mais les militaires restent aux affaires

 

Les militaires occupent toujours la majorité des institutions nationales et locales. Une dernière structure restait à pourvoir : le Conseil consultatif de l’Union (UCC), créé en février 2026.

 

Son rôle officiel consiste à conseiller le président sur la sécurité nationale, la diplomatie et la législation. Mais ses contours ont rapidement suscité des spéculations sur une possible superstructure de pouvoir. Les nominations du 10 avril montrent qu’il s’agit surtout d’un organe de recyclage politique. Bien que 45,4 % des membres soient des officiers généraux, l’instance regroupe surtout des responsables écartés des postes exécutifs.

 

La présidence a été confiée à Soe Win, ancien numéro deux de la Tatmadaw. Plusieurs anciens ministres et hauts responsables militaires y siègent également, comme Maung Maung Aye, Than Swe ou Ko Ko Hlaing.

 

L’UCC apparaît ainsi comme une continuité d’organes consultatifs précédents, sans réel pouvoir décisionnel, servant surtout à repositionner d’anciens cadres du régime ou à intégrer des figures civiles alliées.

 

On y retrouve aussi des personnalités issues de partis pro-junte ou de minorités ethniques ayant participé aux élections organisées par l’armée, comme U Ko Ko Gyi ou Mahn Nyein Maung. Cette ouverture limitée donne un vernis de pluralisme, sans réel partage du pouvoir.

 

L’ensemble fonctionne comme un « cimetière d’éléphants », regroupant d’anciens responsables politiques et militaires souvent âgés et déjà marginalisés. Aucun des membres n’a moins de 60 ans, et beaucoup sont sous sanctions internationales.

 

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