
On peut fermer les yeux. Et à vrai dire, parce que nous sommes aussi, à Gavroche, une équipe franco-thaïlandaise, enracinée dans ce pays dont le tourisme est l’un des moteurs, nous aimerions d’adopter cette posture.
Oui, fermons les yeux un instant, alors que la campagne pour les élections consulaires doit nous amener à voter pour nos représentants et à faire exister nos territoires étrangers à la périphérie de la République. Rêvons ensemble d’une Thaïlande idéale et de touristes parfaits. Des touristes respectueux de leur pays d’accueil, de ses coutumes, de sa culture et de ses lois. Une Thaïlande de « carte postale » que continuent de vendre — et c’est normal, parce que cette réalité existe aussi — les opérateurs touristiques, les hôteliers, les voyagistes et, bien entendu, l’Office national du tourisme…
Le problème est que ce rêve ne correspond pas à la réalité
Tous les jours, et cela ne concerne pas que des Français, loin s’en faut, les incivilités de touristes étrangers défraient la chronique. Les médias thaïlandais les relatent. Les autorités s’en émeuvent et envisagent, sans surprise, une riposte policière et juridique. La loi du selfie et de la performance vidéo destinée aux réseaux sociaux, mais aussi la perte de repères et de règles, ont transformé toute une partie des voyageurs en insupportables passagers clandestins d’un royaume et d’une population qui ne les supportent plus. Les incivilités, les actes sexuels en public, les rodéos à moto devant les policiers, les beuveries qui conduisent à s’en prendre aux forces de l’ordre… ces images sont vraies et désolantes.
Devons-nous fermer les yeux ? Devons-nous l’ignorer ? À Gavroche, parce que nous sommes enracinés dans ce pays depuis 35 ans, notre réponse sera toujours non !
Sommes-nous, pour autant, des parangons de vertu, voire des tenants d’un ordre autoritaire que certaines formations érigent en programme politique ? Ces observations conduisent-elles la rédaction de Gavroche à pencher vers des élus qui prêchent l’ordre avant tout ? Non. Nous regardons juste les faits en face. Il est vrai que, dans le passé, beaucoup de ces comportements existaient sans doute, mais n’étaient ni filmés ni retransmis. Il est tout aussi vrai que, parmi les touristes, les délinquants sexuels ont toujours prospéré en Thaïlande, ce pays où la prostitution est en théorie interdite.
Sommes-nous de vieux nostalgiques ignorants de ce qui se passait autrefois ? Absolument pas. Nous disons juste : les faits, les faits, les faits. Et nous respectons, lorsqu’elle ne vire pas aux insultes inacceptables et aux attaques racistes, la liberté de parole chez nos lecteurs. Sachez-le : vous trouverez toujours dans les colonnes de Gavroche un lieu où vous exprimer, où débattre ou confronter vos idées. Un lieu unique en cette période de campagne pour les élections consulaires.
Alors, on ouvre les yeux ensemble, ou pas ?
Bonne lecture de la part de la rédaction de Gavroche, plus que jamais ouverte à toutes ses lectrices et à tous ses lecteurs. Et à tous les candidats !
Chaque semaine, recevez notre lettre d’informations Gavroche Hebdo. Inscrivez-vous en cliquant ici








