
Les autorités thaïlandaises ont lancé une vaste offensive contre les sociétés qui utilisent des prête-noms dans les zones touristiques, notamment à Koh Samui et Koh Phangan. Avec cette opération, Bangkok entend répondre aux critiques croissantes accusant des intérêts étrangers de prendre progressivement le contrôle de ces îles.
Selon le Department of Business Development (DBD), des investisseurs étrangers détiennent ou exploitent 11 426 entreprises sur les 16 811 enregistrées à Koh Samui et Koh Phangan, soit près de 68 % du total. Dans l’ensemble de la province de Surat Thani, plus de 11 000 des 21 717 sociétés recensées impliquent des capitaux étrangers.
Les Français parmi les principaux investisseurs
Dans ce paysage, les investisseurs européens dominent largement. Les Français, Britanniques et Russes figurent parmi les principales nationalités à Koh Samui, tandis qu’à Koh Phangan, les Israéliens arrivent en tête, devant les Français et les Britanniques.
Les Français occupent une place particulièrement importante, confirmant leur poids dans l’économie locale, notamment dans l’hôtellerie, la restauration et l’immobilier.
Des pratiques ciblées par les autorités
Si une grande partie de ces investissements est légale, les autorités s’inquiètent de l’utilisation de ressortissants thaïlandais comme actionnaires de façade, permettant à des étrangers de contourner les restrictions sur certaines activités.
Plusieurs cas concrets ont déjà été identifiés : un cabinet comptable dont le dirigeant est actionnaire dans 66 sociétés, une adresse unique utilisée par 89 entreprises, et un projet de huit villas de luxe louées jusqu’à 13 000 bahts la nuit, exploitées sans licence hôtelière.
Bangkok veut “éradiquer” les sociétés écrans
Face à ces dérives, le ton des autorités s’est nettement durci. Le DBD, qui a signé fin avril un accord avec plusieurs agences, affiche un objectif clair : “éradiquer” les structures de prête-noms.
« Il n’est pas surprenant d’entendre que des étrangers ont pris le contrôle de ces îles », a reconnu le directeur général du DBD, Poonpong Naiyanapakorn, en évoquant la concentration d’investisseurs issus des mêmes pays.
Un signal fort pour les expatriés
Pour la communauté étrangère — et notamment francophone — très présente dans ces régions, le message est sans ambiguïté : la Thaïlande reste ouverte aux investissements, mais les montages illégaux sont désormais dans le viseur direct des autorités.
Les contrôles devraient s’étendre à d’autres destinations touristiques majeures, signe d’un tournant dans la politique économique du pays, entre attractivité internationale et reprise en main réglementaire.
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