
Les derniers indicateurs financiers chinois publiés en avril confirment le ralentissement de la demande de crédit dans la deuxième économie mondiale, alimentant les interrogations sur la solidité de la reprise économique.
Selon une analyse de BofA Global Research, la croissance des prêts bancaires et du financement social total (TSF) a de nouveau ralenti en avril, signe que ménages et entreprises restent prudents face au contexte économique.
Les prêts bancaires continuent de ralentir
Les nouveaux prêts en yuans ont reculé de 10 milliards de RMB en avril, alors qu’ils avaient progressé de 280 milliards de RMB à la même période l’an dernier. Il s’agit d’un nouveau mois de contraction depuis juillet 2025.
La croissance globale des prêts est ainsi tombée à 5,6 % sur un an.
Le financement social total — un indicateur très suivi en Chine qui mesure l’ensemble des crédits accordés dans l’économie — a lui aussi ralenti avec seulement 621 milliards de RMB de nouveaux financements en avril.
Les ménages et les entreprises restent prudents
Les économistes soulignent surtout la faiblesse persistante de la demande de crédit des ménages.
Les prêts aux particuliers ont enregistré une nouvelle forte contraction, aussi bien pour les crédits à court terme que pour les prêts immobiliers. Malgré une légère amélioration du marché immobilier dans certaines grandes villes, les ménages chinois semblent toujours hésiter à emprunter et à consommer davantage.
Du côté des entreprises, les financements ralentissent également, notamment les prêts à long terme destinés à l’investissement, ce qui reflète une certaine prudence des sociétés face aux perspectives économiques.
Beaucoup d’argent disponible… mais peu utilisé
Paradoxalement, la quantité d’argent disponible dans l’économie chinoise continue d’augmenter.
Les économistes parlent ici de la progression de la « masse monétaire M2 », un indicateur qui mesure l’ensemble des liquidités disponibles dans le système financier : argent sur les comptes bancaires, épargne et dépôts facilement mobilisables.
Autrement dit, les banques disposent encore d’importantes liquidités, mais ménages et entreprises empruntent moins qu’espéré. Cette situation explique pourquoi les marchés financiers chinois connaissent actuellement une forte abondance de liquidités.
Les infrastructures au cœur de la relance
Pour les analystes, la stabilisation des investissements sera désormais essentielle pour soutenir l’économie et relancer la demande de crédit.
Les autorités chinoises ont d’ailleurs laissé entendre lors de la dernière réunion du Politburo qu’un soutien supplémentaire aux projets d’infrastructures pourrait être mis en place dans les prochains mois.
L’objectif de Pékin est clair : encourager les investissements publics afin de stimuler progressivement l’activité économique et redonner confiance aux consommateurs comme aux entreprises.
Gaston Baht
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