
La police de Bangkok a inculpé les deux conducteurs impliqués dans la dramatique collision ferroviaire survenue samedi après-midi à Makkasan pour conduite imprudente ayant entraîné la mort, alors que l’enquête se poursuit pour déterminer les responsabilités exactes dans ce drame qui a coûté la vie à huit personnes.
Les poursuites visent Sayomporn S., 46 ans, chauffeur du bus de la ligne 206, ainsi que Lapit T., 56 ans, conducteur du train de marchandises n°2126 reliant Laem Chabang à Bang Sue. Les deux hommes sont désormais au cœur des investigations menées par les autorités thaïlandaises.
L’accident s’est produit samedi à 15h41 au niveau d’un passage à niveau situé sur l’axe Asok-Din Daeng, dans le district de Huai Khwang. Selon les premiers éléments de l’enquête, le bus de passagers s’était retrouvé immobilisé sur les voies ferrées, piégé dans un important embouteillage à proximité d’un feu tricolore, lorsqu’il a été violemment percuté par le train de marchandises arrivant à pleine voie.
Sous la violence du choc, le bus a rapidement pris feu, provoquant une scène de chaos au cœur de Bangkok. Huit personnes ont perdu la vie et 32 autres ont été blessées, tandis que plusieurs véhicules circulant à proximité ont également été endommagés.
Face à l’ampleur du drame, le gouverneur de Bangkok, Chadchart Sittipunt, s’est rendu sur place et a expliqué que les barrières de sécurité n’avaient pas pu être abaissées à temps en raison des véhicules bloquant encore le passage à niveau. La réglementation thaïlandaise interdit pourtant tout arrêt ou stationnement sur les voies ferrées ainsi que dans un périmètre de cinq mètres autour de celles-ci.
Dans la foulée, les autorités ont lancé une vaste opération d’enquête articulée autour de cinq priorités : la collecte des preuves et des images de vidéosurveillance, les examens médico-légaux des victimes, l’évacuation rapide des véhicules accidentés, l’analyse du fonctionnement des barrières et des systèmes de signalisation ferroviaire, ainsi que la révision des règles de circulation aux abords des passages à niveau.
Les enquêteurs cherchent désormais à comprendre précisément pourquoi les dispositifs de sécurité n’ont pas permis d’éviter la catastrophe. Selon les premières constatations, plusieurs véhicules étaient immobilisés sur les rails en raison d’un important embouteillage, empêchant la fermeture complète du passage à niveau avant l’arrivée du train.
Présent sur les lieux tard dans la soirée du 16 mai, le Premier ministre Anutin Charnvirakul a lui aussi demandé des explications sur l’absence d’alerte adressée au conducteur du train malgré la congestion routière observée à cet endroit. Il a rappelé que cette portion de route était régulièrement paralysée par le trafic et a appelé à un renforcement urgent des mesures de prévention.
Les opérations de déblaiement se sont poursuivies jusque tard dans la nuit de samedi avant que les équipes de secours ne parviennent finalement à dégager les débris et évacuer le train accidenté, permettant une réouverture progressive de la circulation routière et ferroviaire.
Dimanche matin, des habitants et proches des victimes sont venus déposer des fleurs sur les lieux du drame, transformant le passage à niveau de Makkasan en lieu de recueillement au lendemain de l’une des collisions ferroviaires les plus meurtrières qu’ait connues Bangkok ces dernières années.
Chaque semaine, recevez notre lettre d’informations Gavroche Hebdo. Inscrivez-vous en cliquant ici








