
Le marché thaïlandais du pick-up, véritable pilier de l’industrie automobile nationale, traverse une crise sans précédent. Selon la Fédération des industries thaïlandaises (FTI), les ventes annuelles sont passées d’une moyenne de 350 000 véhicules à seulement 140 000 à 150 000 unités, mettant en difficulté l’ensemble de la filière automobile du royaume.
Cette chute spectaculaire s’explique principalement par deux facteurs : la montée en puissance des véhicules électriques importés, notamment en provenance de Chine, et le durcissement des conditions d’accès au crédit. Face à un endettement élevé des ménages, les banques thaïlandaises se montrent plus prudentes dans l’octroi de prêts automobiles, freinant ainsi les achats de véhicules neufs.
L’enjeu est particulièrement sensible pour l’économie thaïlandaise. Contrairement aux voitures particulières, les pick-up sont fabriqués localement avec une forte intégration industrielle : jusqu’à 90 % des composants sont produits dans le pays. La baisse des ventes ne touche donc pas uniquement les constructeurs, mais également un vaste réseau de fournisseurs, d’équipementiers et de sous-traitants qui emploient des dizaines de milliers de personnes.
Longtemps surnommée le « Detroit de l’Asie du Sud-Est », la Thaïlande a bâti une partie de sa réussite industrielle sur la production de pick-up destinés aussi bien au marché domestique qu’à l’exportation. Le ralentissement actuel fragilise ainsi un secteur stratégique pour l’économie nationale.
Face à l’effondrement du marché, les industriels pressent le gouvernement d’agir. Ils réclament des mesures de relance capables de soutenir les ventes et de préserver un appareil industriel fortement dépendant de la production de pick-up. Les constructeurs et les fabricants de pièces détachées voient dans une telle intervention une occasion de redonner de l’élan à un secteur fragilisé par la concurrence des véhicules électriques importés et par la faiblesse de la demande intérieure.
À court terme, cependant, les difficultés persistent. La concurrence croissante des véhicules électriques importés, combinée à une demande intérieure atone, continue d’exercer une forte pression sur l’industrie automobile thaïlandaise. Pour Bangkok, le défi consiste désormais à réussir la transition vers la mobilité électrique sans sacrifier l’un des secteurs industriels qui ont largement contribué au développement économique du pays.
Chaque semaine, recevez notre lettre d’informations Gavroche Hebdo. Inscrivez-vous en cliquant ici








