GAVROCHE HEBDO – ÉDITORIAL : En Birmanie, le néant économique
Lors de la visite du général-président Min Aung Hlaing en Chine, les poignées de main étaient nombreuses, les déclarations d’amitié abondantes, les engagements diplomatiques soigneusement formulés. Mais derrière le décor protocolaire demeure une question simple : où est passée la promesse économique birmane ?
Depuis le coup d’État de février 2021, la Birmanie s’est progressivement éloignée de la trajectoire de développement qu’elle semblait pouvoir emprunter. Le pays qui espérait devenir un trait d’union entre l’Inde, la Chine et l’Asie du Sud-Est est devenu un territoire fragmenté, marqué par la guerre civile, la fuite des capitaux et l’exode des compétences. La géographie reste favorable ; la réalité politique l’est beaucoup moins.
Min Aung Hlaing cherche aujourd’hui à convaincre que la stabilité est de retour et que la Birmanie est prête à accueillir les investisseurs. Le problème est que les investisseurs, eux, regardent moins les discours que les risques. Une entreprise peut accepter un environnement difficile ; elle hésite davantage face à l’incertitude juridique, aux sanctions internationales, aux combats armés et à l’absence de visibilité politique.
La Chine demeure l’acteur incontournable. Pékin n’a jamais cessé de considérer la Birmanie comme un espace stratégique : accès à l’océan Indien, corridors énergétiques, infrastructures reliant le Yunnan au golfe du Bengale. Mais la relation sino-birmane n’est pas une alliance de développement désintéressée. Elle répond d’abord aux intérêts géopolitiques chinois. Les grands projets annoncés depuis plus d’une décennie profitent autant, sinon davantage, à la projection régionale de Pékin qu’à la transformation économique du territoire birman.
Le paradoxe est là : le régime militaire a besoin d’investissements étrangers pour relancer l’économie, mais sa politique intérieure contribue à éloigner les investisseurs dont il dépend. Il réclame la confiance internationale tout en maintenant un système qui nourrit la méfiance.
Bonne lecture !





























































