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FRANCE – POLITIQUE : Vue d’ailleurs, Louis, le silence impossible

Journaliste : Richard Werly Date de publication : 30/06/2026
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La question m’a été posée, lundi, par l’une de mes collègues de la rédaction à Lausanne. « Richard, a-t-on traité le meurtre de Louis à Narbonne ? »

 

Ma réponse ? Non. Je ne l’ai pas traité. Pas d’article. Pas d’éditorial. Pas d’analyse sur ce qui rend ce meurtre d’un garçon de 17 ans, dans une sous-préfecture du sud de la France, absolument inacceptable.

 

Guet-apens, lynchage… Tout est affreux dans ce crime pour lequel cinq jeunes ont été mis en examen. Louis était un adolescent confié à l’aide sociale à l’enfance. Il a été découvert, le 19 juin, inanimé sur le site d’un chantier, après avoir été roué de coups la veille au soir. Depuis, la population locale s’est mobilisée. Une marche blanche a eu lieu avec, en tête de cortège, des drapeaux français et des slogans tels que : « La France, c’est nous », « Racaille partout, justice nulle part », ou encore « Ni oubli, ni pardon ».

 

Mea culpa. Ce meurtre aurait dû m’interpeller. Partir en reportage sur place pour comprendre cet épisode digne du film « Orange mécanique » aurait dû s’imposer. Parce que la mort de Louis dit ce que la société française ne semble plus maîtriser, à quelques mois de la prochaine élection présidentielle: sa violence exacerbée, l’absence d’autorité, le délitement d’une justice qui ne fait plus peur et ne dissuade plus, l’exacerbation des règlements de comptes.

 

Oui, le silence autour de la mort de Louis est impossible. A une condition toutefois : s’en tenir aux faits, éviter les amalgames et ne pas transformer ce drame en symbole d’une soi-disant poudrière sociale généralisée.

« Pas de motif racial », affirme le parquet. Une scène d’une extrême violence a été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, sur le chantier d’un bâtiment en construction près de la gare de Narbonne.

 

J’entends souvent, en Suisse ou à Bruxelles, mes interlocuteurs évoquer le risque de « guerre civile » qui, selon eux, plane sur la France. Je n’y crois pas. Je réponds toujours : « Non. » Je n’ai pas changé d’avis après la mort de Louis. Mais cette violence française n’est vraiment, vraiment pas de bon augure dans un pays toujours plus sous pression.

Bonne lecture, et gare à «Orange mécanique» !

(Pour débattre : richard.werly@ringier.ch)

 

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1 COMMENTAIRE

  1. Le « mea culpa » de R. Werly est -il une rupture chez la gente médiatico-politique ? S’agissant de l’assassinat de Louis, « ce garçon de 17 ans, notre éditorialiste passe au confessional et semble faire acte de contrition. Ce ne fût pas spontané avoue -il avec franchise, il fallût que ses collègues le tancent et le sermonent ; mais d’en « rajouter » en s’excusant de ne pas s’être illico rendu sur place, mais pour quoi faire, alors qu’il était probablement occupé ailleurs , ne sachant à quels plateaux se vouer .On sait que R. Werly n’est pas ( encore) un saint doté du don d’ubiquité … ubiquité presque …
    La nouveauté de cet édito réside dans une certaine rupture par rapport aux narratifs politico-médiatiques ayant cours jusque là. Jusque là la succession des meurtres du même type ne suscitaient d’attention, de leurs points de vue, que de la part d’un journalisme réduit à la relation des « faits divers » des rubriques dites des « chiens écrasés ». Ils étaient réputés n’avoir aucune signification particulière hormis d’être « récupérés » par la « presse de caniveau » à la solde de l' »extrême – droite » bollorienne dont C.News est le parangon sublîme et que certains rêvent de voir supprimé.
    R. Werly se distancie avec un certain courage de ce narratif ; en effet le risque d’excommunication plane sur les invitations dont il est jusqu’alors gratifié. Il invite à se départir de la doxa gouvernementale et médiatique qui consiste à imposer la dépolitisation de faits qualifiés de divers qui, ne serait-ce qu’ évoqués, sont considérés comme alimentant un processus de récupération politique. Récupération par l’ « extrème droite » accusée , en les instrumentalisant, de les provoquer et d’en être responsable..
    Dans cet édito il nous est clairement incité à « récupérer » , c’est à dire à réfléchir à la signification sociologique et politique des évènements. que la véhémence de réseaux sociaux relaie et qu’il devient impossible d’ignorer. Les marches blanches et les monuments aux morts en peluches (photo) que les autorités sont bien obligées de tolérer cédent désormais devant la prise de parole des proches des victimes et de l’opinion ; Ils veulent la vérité. Pas celle concoctée par le régime politique et les medias à sa solde. L’édito semble emboîter le pas …. Quid des dysfonctionnements de la société ? Louis, Lola, Philippine Thomas n’auraient ils pas été victimes d’un déréglement social et politique qui aurait pu ou dû être corrigé et éviter ce qui s’est produit ?
    La réflexion de notre éditorialitse semble toutefois atteindre des limites lorsque s’avançant dans l’esquisse d’une analyse des causes il nous est intimé de ne pas sombrer dans l’ « amalgame » qui n’est que l’autre mot de la récupération » . Et de s’empresser de noter , à la suite des propos du ministre de l’intérieur et du parquet, que « motif racial » , dans le meurtre de Louis, n’était pas en cause. Relever cette circonstance permet d’autant mieux de se situer sur un terrain ou l’amalgame n’est pas de mise puisque la question de l’immigration dans l’analyse des phénomènes est évacuée. Ne serait-ce pas cette circonstance qui permettrait d’évoquer le cas de Louis mals pas les autres et que notre éditorialiste a superbement ignorés ?
    Toute référence à l’immigration et à la place qu’élle occupe dans l’analyse de la France « orange mécanique » semble toujours être un tabou du monde politico- médiatique, qui, enfreint , conduirait un journaliste , à la stigmatisation et à la relégation.

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