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FRANCE – POLITIQUE : Vue d’ailleurs, Donald et la parade

Journaliste : Richard Werly Date de publication : 14/07/2026
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Chaque semaine, Richard Werly, conseiller éditorial de Gavroche et correspondant international reconnu, livre son regard sur la France dans les colonnes du média suisse Blick. Une analyse sans concession, à retrouver également dans sa lettre d’information Republick, à laquelle vous pouvez vous abonner ou consulter en ligne.

 

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Emmanuel Macron l’a redit lors de son discours aux armées, le 13 juillet, veille de la fête nationale et du défilé militaire sur les Champs-Élysées : l’Europe doit s’armer. Et la France, s’il le faut, doit être prête à défendre, « la liberté et le droit, au prix du sang s’il le faut ». Soit. Mais c’est le reste du discours présidentiel qui devrait retenir l’attention de tous ceux qui scrutent l’horizon militaire européen.

 

Aucun appel à une stratégie industrielle commune. Une larme versée rapidement sur l’enterrement du SCAF, le projet franco-allemand d’avion de combat du futur. Une exhortation lancée aux entreprises d’armement pour qu’elles n’attendent pas toujours de remplir leur carnet de commandes publiques. Le spectre de Donald Trump pesait autant sur les paroles du président français qu’il pèsera, ce mardi 14 juillet, sur les unités de soldats italiens, allemands et ukrainiens qui défileront dans Paris au nom de l’Europe de la défense. Qu’on le veuille ou non, le réveil stratégique européen peine à se matérialiser au-delà des mots.

 

L’Europe présente les armes. Mais elle reste en réalité désarmée, au point qu’elle continue d’acheter en masse du matériel américain. Désarmée, au point de regarder les prouesses militaires ukrainiennes comme un modèle, sans comprendre que Kiev consacre 40% de sa richesse nationale à ses armées, sous toutes leurs formes. Loin, très loin, des 2 à 5% du produit intérieur brut que réclame Donald Trump à ses alliés de l’OTAN.

 

Donald et la parade du 14 juillet. Souvenirs. En 2017, l’année suivant sa première élection, le président des Etats-Unis était l’invité d’honneur d’Emmanuel Macron. Il en est reparti avec l’idée d’organiser son propre défilé « à la française ». Neuf ans se sont écoulés. La guerre en Ukraine nous a tous enlisés. La guerre en Iran menace, via le détroit d’Ormuz, de nous infliger un naufrage pétrolier. Le locataire de l’Élysée, qui a de nouveau déclaré sa flamme aux militaires dans son discours, sait que les 30 milliards d’euros d’augmentation prévus pour le budget français de la défense ne changeront pas l’équation. L’Allemagne, elle, investit par dizaines de milliards d’euros. Les fabricants d’armes américains sont repartis du dernier sommet de l’OTAN à Ankara avec 43 milliards de dollars de commandes. Désarmée, l’Europe-puissance fait une excellente cliente.

 

Bonne lecture, en chantant la Marseillaise !

(Pour débattre : richard.werly@ringier.ch)

 

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