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THAÏLANDE – ÉCONOMIE : Pourquoi Bangkok garde des cartes en main

Date de publication : 15/07/2026
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governement house Bangkok

 

Alors que la Cour constitutionnelle vient de valider le recours à un emprunt exceptionnel de 400 milliards de bahts, les finances publiques thaïlandaises apparaissent plus solides qu’attendu. Les dépenses de l’État accélèrent, les recettes fiscales dépassent les prévisions et le gouvernement dispose désormais d’une marge de manœuvre supplémentaire pour soutenir l’économie jusqu’en 2027. En contrepartie, cette stratégie devrait entraîner une hausse plus rapide de la dette publique.

 

Les dépenses publiques accélèrent

 

Au deuxième trimestre 2026, le gouvernement thaïlandais a nettement augmenté son rythme de dépenses. Les décaissements de l’État ont atteint 819,4 milliards de bahts, soit une progression de 7,8 % par rapport à la même période de l’an dernier.

 

Les dépenses d’investissement, destinées notamment aux infrastructures et aux grands projets publics, se sont élevées à 132 milliards de bahts, en hausse de 5,6 % sur un an. Les dépenses courantes ont, elles, progressé de 8,2 %, à 686,9 milliards de bahts.

 

Cette accélération traduit la volonté du gouvernement de soutenir l’activité économique. Elle s’explique également en partie par un effet de comparaison favorable, les décaissements ayant été particulièrement faibles au deuxième trimestre 2025. Les économistes estiment toutefois que la progression des investissements publics devrait ralentir en fin d’exercice budgétaire, une large part des crédits ayant déjà été engagée.

Une exécution budgétaire plus rapide que par le passé

 

Au-delà des montants engagés, le rythme d’exécution du budget confirme cette accélération.

 

À la fin du mois de mai, 77,1 % du budget annuel avaient déjà été exécutés, soit 5,1 points de plus que la moyenne observée entre 2016 et 2024. Les dépenses d’investissement affichaient un taux d’exécution de 47,6 %, tandis que les dépenses courantes atteignaient 85,8 %, des niveaux également supérieurs aux tendances des années précédentes.

 

Pour les analystes, ces chiffres montrent que les administrations mettent en œuvre les projets publics plus rapidement qu’à l’accoutumée.

 

Les recettes fiscales créent une bonne surprise

 

Autre signal positif : les recettes de l’État résistent mieux qu’attendu. Entre octobre 2025 et mai 2026, les recettes nettes se sont élevées à 1 780 milliards de bahts, en hausse de 4,3 % sur un an. Elles dépassent de 40 milliards de bahts les prévisions du ministère des Finances.

 

Cette performance repose principalement sur des recettes fiscales supérieures aux attentes et sur des versements plus importants des entreprises publiques au budget de l’État. La baisse des prix du pétrole a également réduit le besoin de recourir à des mesures de soutien sur les carburants, ce qui a permis de préserver les recettes fiscales.

 

Les économistes estiment désormais que les recettes devraient rester supérieures aux objectifs fixés jusqu’à la fin de l’exercice budgétaire 2026, une perspective plus favorable qu’ils ne l’anticipaient encore il y a quelques mois.

 

L’emprunt de 400 milliards constitue désormais une réserve d’action

 

Ces bons résultats budgétaires interviennent quelques jours après la validation, par la Cour constitutionnelle, du décret autorisant un emprunt exceptionnel de 400 milliards de bahts, un dossier déjà suivi par Gavroche.

 

Cet emprunt ne répond donc pas à une urgence immédiate des finances publiques. Il constitue plutôt une réserve d’action permettant au gouvernement de prolonger son soutien à l’économie si le ralentissement se confirme.

 

Selon les analystes, une seconde tranche pouvant atteindre 250 milliards de bahts devrait être mobilisée à partir de 2027 afin de prendre le relais lorsque les crédits budgétaires actuellement disponibles commenceront à diminuer. Ce mécanisme permettrait de maintenir un niveau élevé d’investissements publics jusqu’à la fin de l’année prochaine.

 

Une dette publique appelée à progresser

 

Cette politique budgétaire a toutefois un coût. La dette publique représentait 66,8 % du PIB en mai 2026 et devrait atteindre 67,8 % à la fin de l’exercice budgétaire. Si l’intégralité de l’emprunt exceptionnel est utilisée, les économistes estiment que le ratio d’endettement dépasserait le seuil de 70 % du PIB dès 2027, soit deux ans plus tôt que dans un scénario sans recours à ce financement.

 

Il ne s’agit pas, à ce stade, d’une crise des finances publiques. En revanche, ce choix traduit une stratégie assumée : privilégier un soutien immédiat à l’économie et à l’investissement public, quitte à réduire plus rapidement les marges de manœuvre budgétaires pour les années à venir.

 

Au-delà des chiffres, cette évolution confirme l’orientation économique du gouvernement d’Anutin Charnvirakul. Grâce à des recettes fiscales plus dynamiques que prévu et à la possibilité de recourir à l’emprunt exceptionnel validé par la Cour constitutionnelle, Bangkok dispose désormais d’outils supplémentaires pour soutenir l’activité jusqu’en 2027. Le véritable défi sera désormais de transformer cet effort budgétaire en croissance durable, afin que l’augmentation de la dette publique s’accompagne d’un renforcement durable de l’économie thaïlandaise.

 

Gaston Baht

 

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