
Les États-Unis constituent le premier marché d’exportation de la Thaïlande. Une hausse des droits de douane américains pourrait donc peser sur plusieurs secteurs stratégiques du royaume, de l’industrie automobile à l’agroalimentaire. C’est dans ce contexte que Bangkok poursuit d’intenses négociations commerciales avec Washington afin de limiter l’impact de ces mesures. Une décision américaine est attendue au cours du mois d’août.
La vice-Première ministre et ministre du Commerce, Suphajee Suthumpun, a indiqué que le gouvernement cherchait à maintenir un plafond tarifaire de 19 % dans le cadre des négociations commerciales bilatérales menées avec les États-Unis sous le mécanisme des Agreements on Reciprocal Tariff (ART).
Ce seuil de 19 % ne doit pas être confondu avec les droits de douane de 12,5 % appliqués au titre de la Section 301, une mesure distincte imposée par Washington à certaines importations thaïlandaises en raison de préoccupations liées au travail forcé. En d’autres termes, les 19 % correspondent à l’objectif que Bangkok cherche à préserver dans les négociations commerciales, tandis que les 12,5 % relèvent d’un dispositif américain spécifique déjà en vigueur.
Bangkok défend la compétitivité de son industrie
Au cours des discussions, les autorités thaïlandaises ont également cherché à répondre aux critiques américaines concernant d’éventuelles surcapacités industrielles.
Bangkok affirme que les trois secteurs examinés par Washington — l’automobile et les pièces détachées, les produits en caoutchouc, ainsi que les machines et équipements industriels — utilisent actuellement entre 75 % et 90 % de leurs capacités de production, aucun ne fonctionnant en dessous de 60 %. Pour le gouvernement, ces chiffres démontrent que l’industrie thaïlandaise répond à une demande réelle et ne produit pas d’excédents susceptibles de perturber la concurrence internationale.
Près de trois exportations sur quatre échapperaient aux nouvelles taxes
Selon le ministère du Commerce, près de trois produits thaïlandais sur quatre exportés vers les États-Unis devraient finalement échapper aux droits de douane supplémentaires grâce aux différentes exemptions prévues par la réglementation américaine, notamment celles relevant de l’Annexe II et de la Section 232.
Grâce aux différentes exemptions prévues par la réglementation américaine, près des trois quarts des exportations thaïlandaises devraient échapper aux droits de douane de la Section 301.
Le riz, les produits de la mer et le textile restent exposés
En revanche, un peu plus d’un quart des exportations continuerait à supporter ces droits de douane. Parmi les secteurs concernés figurent le riz, les produits de la mer transformés, les sauces et condiments, les aliments pour animaux, les sacs plastiques, les gants jetables, les produits en papier, les vêtements, ainsi que les diamants taillés et les bijoux en or et en argent.
Ces produits représentent une part importante des exportations thaïlandaises vers les États-Unis et risquent de perdre en compétitivité si Bangkok n’obtient pas un assouplissement des droits de douane.
Un enjeu qui dépasse la seule Thaïlande
Les entreprises européennes et françaises implantées en Thaïlande suivront également avec attention l’issue de ces négociations. De nombreuses sociétés utilisent la Thaïlande comme plateforme de production ou d’exportation vers les États-Unis, notamment dans les secteurs automobile, électronique et agroalimentaire. Une modification des droits de douane américains pourrait donc influencer les stratégies d’investissement et les chaînes d’approvisionnement en Asie du Sud-Est.
La décision attendue au mois d’août sera ainsi déterminante, non seulement pour les exportateurs thaïlandais, mais plus largement pour les entreprises internationales présentes dans le royaume.
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