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CHINE – ÉTATS-UNIS : Le sommet Xi-Trump sous le signe de la stabilité

Journaliste : Gaston Baht Date de publication : 30/07/2026
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Donald Trump Xi Jinping

 

Après le sommet de Pékin en mai et plusieurs semaines de discussions diplomatiques, Xi Jinping et Donald Trump devraient se retrouver à Washington fin septembre. Selon une analyse de GEMs FI Strategy & Economics, l’objectif ne sera pas de conclure un nouvel accord commercial, mais de prolonger la trêve engagée au printemps et d’installer une relation plus prévisible entre les deux premières puissances économiques mondiales.

 

Comme Gavroche l’avait analysé après la visite de Donald Trump en Chine, puis à l’occasion des premières réactions des marchés, la relation sino-américaine semble évoluer. Il ne s’agit plus de rechercher un accord global, mais d’installer des mécanismes de dialogue capables de contenir les différends et d’offrir davantage de visibilité aux entreprises et aux marchés.

 

Prolonger la trêve commerciale

 

Le cessez-le-feu commercial conclu au printemps, qui a suspendu certaines hausses de droits de douane et assoupli plusieurs restrictions à l’exportation, expire le 10 novembre 2026. Le sommet de septembre devrait donc avant tout permettre de dresser un bilan des engagements pris depuis mai et de négocier une prolongation de cette trêve.

 

La rencontre préparatoire du 22 juillet entre le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi et le secrétaire d’État américain Marco Rubio confirme d’ailleurs que les deux gouvernements poursuivent activement les préparatifs du rendez-vous présidentiel.

 

Pour les analystes, il ne faut pas s’attendre à un accord historique. L’objectif est plus pragmatique : maintenir un cadre de dialogue et éviter un retour à une confrontation tarifaire généralisée, dans un contexte où ni Pékin ni Washington n’ont intérêt à déstabiliser davantage leurs échanges commerciaux.

 

Des avancées ciblées plutôt qu’un « grand deal »

 

Plusieurs dossiers serviront de baromètre des progrès réalisés depuis le printemps. La Chine a repris ses achats de produits agricoles américains, notamment de soja. Le rebond est significatif, avec une commande de 472 000 tonnes enregistrée le 8 juillet, la plus importante depuis novembre 2025. Washington considère ce volet comme globalement conforme aux engagements pris.

 

En revanche, les terres rares, essentielles aux secteurs des semi-conducteurs, des batteries et des technologies de pointe, restent sous étroite surveillance. Si les exportations chinoises ont repris, elles demeurent encore 15 % inférieures à leur niveau de la même période en 2024.

 

Le sommet pourrait également déboucher sur une première liste de produits non stratégiques bénéficiant d’allégements tarifaires réciproques. Selon la note de GEMs, ce dispositif pourrait représenter jusqu’à 30 milliards de dollars d’échanges de chaque côté, soit environ 20 % des importations chinoises en provenance des États-Unis et 7 % des importations américaines en provenance de Chine.

 

Autre avancée attendue : l’officialisation de deux nouveaux conseils bilatéraux consacrés au commerce et à l’investissement, destinés à maintenir un dialogue permanent entre les deux pays malgré leurs différends. La Chine pourrait également confirmer de nouvelles commandes d’avions Boeing, après son engagement annoncé au printemps portant sur 200 appareils.

 

Des tensions toujours vives sur les technologies

 

Le climat de dialogue ne fait toutefois pas disparaître les désaccords de fond. Les semi-conducteurs, l’intelligence artificielle et les terres rares demeurent au cœur de la rivalité stratégique entre les deux puissances. Washington envisage de nouvelles restrictions visant certains modèles chinois d’intelligence artificielle, tandis qu’un dialogue spécifique sur ces technologies est prévu en marge du sommet.

 

Parallèlement, les États-Unis ont remplacé, le 24 juillet, leur tarif temporaire de 10 % par un droit de douane de 12,5 % appliqué au titre de la section 301. Les analystes estiment toutefois que cette évolution était anticipée par les deux parties et ne remet pas en cause la trêve commerciale actuellement en vigueur.

 

Une nouvelle méthode de gestion des tensions

 

Au-delà des annonces qui pourraient être faites à Washington, la principale évolution réside sans doute dans la méthode adoptée par les deux capitales. Le sommet devrait davantage servir à vérifier la mise en œuvre des engagements déjà pris qu’à ouvrir une nouvelle négociation commerciale. Cette logique de « gestion des différends », plutôt que de leur résolution immédiate, marque une évolution sensible de la relation sino-américaine.

 

La rivalité économique demeure intacte, notamment dans les secteurs technologiques stratégiques. Mais les deux gouvernements semblent désormais privilégier une concurrence maîtrisée, afin de préserver un environnement suffisamment stable pour le commerce, les investissements et les chaînes d’approvisionnement mondiales.

 

Le sommet de septembre ne devrait donc pas mettre fin aux tensions entre Pékin et Washington. Il pourrait en revanche confirmer un changement de méthode : maintenir les canaux de dialogue ouverts, obtenir des avancées concrètes sur des dossiers ciblés et éviter qu’une nouvelle guerre commerciale ne vienne fragiliser davantage une économie mondiale déjà confrontée à de nombreuses incertitudes.

 

Gaston Baht

 

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