London Escorts sunderland escorts
Home Asie BIRMANIE – CONFLIT : L’ASEAN n’obtiendra pas la libération d’Aung San Suu Kyi

BIRMANIE – CONFLIT : L’ASEAN n’obtiendra pas la libération d’Aung San Suu Kyi

Date de publication : 11/08/2026
0

 

Le gouvernement birman rejette la demande de l’ASEAN de libérer immédiatement et sans condition Aung San Suu Kyi et les autres prisonniers politiques. Naypyidaw accepte encore de travailler avec l’envoyée spéciale de l’organisation sous la présidence philippine, mais estime que cette médiation n’aura plus lieu d’être en 2027. Cette fin de non-recevoir intervient après une rare visite du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à l’ancienne dirigeante.

 

Le fossé reste profond entre Naypyidaw et l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). Dans un communiqué publié samedi, le ministère birman des Affaires étrangères a rejeté le nouvel appel à la libération sans condition d’Aung San Suu Kyi, détenue depuis le coup d’État militaire du 1er février 2021.

 

« Bien que le gouvernement ait réduit ses peines pour des considérations humanitaires, une libération complète et sans condition ne pourra être effectuée que conformément à la loi », affirme le ministère.

 

L’ancienne dirigeante, aujourd’hui âgée de 81 ans, a été condamnée pour corruption, fraude électorale, incitation et plusieurs autres infractions. Elle conteste ces accusations, que ses partisans et des organisations de défense des droits humains considèrent comme politiquement motivées. Sa peine initiale de 33 ans a depuis été réduite.

 

Une rare visite du CICR

 

La réaction de l’ASEAN intervient après une évolution notable : un représentant du Comité international de la Croix-Rouge a été autorisé à rencontrer Aung San Suu Kyi la semaine dernière. Il s’agirait de son premier contact connu avec une organisation humanitaire internationale indépendante depuis sa détention il y a cinq ans.

 

Les Philippines, qui assurent actuellement la présidence de l’ASEAN, ont salué cette visite comme une avancée vers le dialogue et la réconciliation. Manille demande cependant un accès plus large aux détenus politiques et maintient son appel à leur libération.

 

Naypyidaw veut tourner la page de l’envoyé spécial

 

Le gouvernement birman précise qu’il continuera de travailler avec l’actuelle envoyée spéciale de l’ASEAN, la ministre philippine des Affaires étrangères Maria Theresa Lazaro. Il ne voit toutefois plus la nécessité de maintenir ce mécanisme lorsque Singapour prendra la présidence de l’organisation le 1er janvier 2027.

 

Naypyidaw justifie cette position par les élections organisées récemment et affirme qu’un gouvernement « issu d’élections démocratiques multipartites reflétant la véritable volonté du peuple » dirige désormais le pays.

 

Cette lecture est vivement contestée. La Ligue nationale pour la démocratie (NLD) d’Aung San Suu Kyi et des dizaines d’autres formations avaient été dissoutes avant le scrutin, largement dominé par le Parti de l’union, de la solidarité et du développement (USDP), soutenu par l’armée. Les détracteurs des élections y voient une tentative de donner une façade civile au pouvoir issu du coup d’État.

 

La normalisation avec l’ASEAN reste difficile

 

Créé après le putsch de 2021, le dispositif de médiation de l’ASEAN s’inscrit dans son « consensus en cinq points », qui prévoit notamment la fin des violences et l’ouverture d’un dialogue entre les parties au conflit.

 

Min Aung Hlaing est depuis plusieurs années écarté des principales réunions politiques du bloc en raison de l’absence de progrès dans l’application de ce plan. Le dirigeant birman l’a récemment rejeté, accusant certains États membres de discrimination et d’ingérence.

 

La position de Naypyidaw intervient également quelques jours après la visite de Min Aung Hlaing en Thaïlande, alors que Bangkok pousse à une reprise complète du dialogue entre la Birmanie et l’ASEAN.

 

Pour les autorités birmanes, les élections doivent désormais ouvrir la voie à une normalisation régionale. Pour l’ASEAN, la question des prisonniers politiques et du dialogue reste toutefois incontournable.

 

Rejoignez les plus de 13 000 lecteurs qui reçoivent chaque semaine Gavroche Hebdo. Pour ne rien manquer de l’actualité de la Thaïlande et de l’Asie du Sud-Est, inscrivez-vous en cliquant ici

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Les plus lus