Accueil Accueil BIRMANIE – DIPLOMATIE : Min Aung Hlaing retrouve le chemin des capitales de l’ASEAN

BIRMANIE – DIPLOMATIE : Min Aung Hlaing retrouve le chemin des capitales de l’ASEAN

Date de publication : 12/09/2026
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Hun Sen - Min Aung Hlaing

 

Bangkok en août, Hanoï début septembre, Phnom Penh cette semaine : Min Aung Hlaing multiplie les déplacements en Asie du Sud-Est. Reçu les 11 et 12 septembre au Cambodge pour une visite d’État, le président birman y a rencontré Hun Sen et le Premier ministre Hun Manet, tandis que quatre accords bilatéraux ont été signés. Un contraste de plus en plus visible avec la position officielle de l’ASEAN, qui continue d’écarter les dirigeants politiques birmans de ses réunions de haut niveau.

 

Le paradoxe devient difficile à ignorer. Cinq ans après le coup d’État de février 2021, Min Aung Hlaing reste tenu à distance des sommets politiques de l’ASEAN. Mais plusieurs capitales de l’organisation régionale ont recommencé à le recevoir directement.

 

Après la Thaïlande les 6 et 7 août et le Vietnam du 4 au 6 septembre, le dirigeant birman a été accueilli au Cambodge à l’invitation du roi Norodom Sihamoni.

 

À Phnom Penh, il s’est entretenu avec Hun Sen, président du Sénat et chef de l’État par intérim, puis avec le Premier ministre Hun Manet. Commerce, investissements, tourisme et sécurité figuraient notamment au programme des discussions.

 

Quatre accords signés à Phnom Penh

 

Cette visite ne s’est pas limitée au protocole. Le Cambodge et la Birmanie ont signé quatre textes portant sur la fiscalité, la protection des investissements, la culture ainsi que les médias et l’information. Le volet économique part cependant de très bas : les échanges entre les deux pays n’ont représenté qu’environ 35 millions de dollars en 2025, selon les autorités cambodgiennes.

 

Plus que leur montant actuel, c’est donc la dynamique politique qui retient l’attention. En quelques semaines, Min Aung Hlaing a enchaîné trois déplacements dans des pays membres de l’ASEAN. À Bangkok, l’économie avait occupé une place centrale, avec notamment l’objectif affiché de porter les échanges entre la Thaïlande et la Birmanie à 12 milliards de dollars. À Hanoï, début septembre, le Vietnam avait lui aussi privilégié le pragmatisme économique et sécuritaire. Phnom Penh prolonge désormais cette séquence.

 

L’ASEAN maintient pourtant ses distances

 

Collectivement, l’organisation régionale n’a pourtant pas changé de ligne. Depuis 2021, la Birmanie ne peut envoyer que des représentants non politiques aux sommets et aux principales réunions ministérielles de l’ASEAN. Cette restriction est liée à l’absence de progrès dans l’application du Consensus en cinq points, le plan adopté par l’organisation pour tenter de mettre fin aux violences et ouvrir un dialogue politique en Birmanie.

 

La multiplication des rencontres bilatérales ne signifie donc pas que l’ASEAN a réhabilité Min Aung Hlaing. Elle montre plutôt que certains de ses États membres choisissent de renouer directement avec Naypyidaw, notamment lorsqu’ils y voient des intérêts économiques ou sécuritaires. Pour le pouvoir birman, cette distinction est précieuse : nul besoin d’attendre une levée des restrictions de l’ASEAN pour reprendre langue avec ses voisins.

 

Une normalisation par étapes

 

Le Cambodge assume cette politique de dialogue. Phnom Penh et Naypyidaw mettent en avant leurs relations anciennes et leur volonté d’élargir leur coopération. La visite et les accords conclus cette semaine en donnent désormais une traduction concrète. La séquence dessine ainsi une situation singulière en Asie du Sud-Est : la porte collective de l’ASEAN reste fermée à Min Aung Hlaing, tandis que plusieurs portes nationales se rouvrent les unes après les autres.

 

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