
Taïwan devrait enregistrer une croissance spectaculaire de 11,05 % en 2026, largement portée par la demande mondiale liée à l’intelligence artificielle. Mais cette manne ne profite encore que partiellement aux ménages, selon une analyse de l’équipe GEMs FI Strategy & Economics de Bank of America. Les salariés de la technologie et les détenteurs d’actions restent les premiers bénéficiaires. Les salariés de la technologie et les détenteurs d’actions restent les premiers bénéficiaires.
Taïwan est l’un des grands gagnants de la révolution de l’intelligence artificielle. Sa place centrale dans la production de semi-conducteurs, de serveurs et d’équipements informatiques alimente une croissance exceptionnelle.
Les statistiques officielles anticipent désormais une progression du PIB de 11,05 % en 2026. Au deuxième trimestre, l’économie a encore progressé de 12,93 % sur un an, notamment grâce à la forte demande mondiale pour les équipements liés à l’IA.
Mais cette prospérité spectaculaire se retrouve-t-elle dans le portefeuille des Taïwanais ? Seulement en partie. Les retombées sur la consommation restent encore modestes et concentrées.
Les salariés de la tech en première ligne
Les premiers bénéficiaires travaillent dans le secteur technologique. Recrutements, primes et partage des bénéfices augmentent leurs revenus, sans provoquer pour autant une accélération comparable des salaires et de l’emploi dans l’ensemble de l’économie.
La Bourse constitue un deuxième canal de transmission. L’envolée des actions augmente le patrimoine des investisseurs et soutient leurs dépenses. Mais la concentration de la détention d’actions limite, là encore, la diffusion de cet enrichissement à l’ensemble de la population.
Une part importante de la manne reste également dans les entreprises. La forte progression de l’épargne nationale suggère qu’une partie des bénéfices supplémentaires s’accumule encore dans leurs bilans plutôt que d’alimenter immédiatement la consommation.
Une partie de l’argent est dépensée à l’étranger
Autre particularité : une partie de l’argent supplémentaire dépensé par les ménages profite à d’autres économies. Les voyages à l’étranger connaissent un fort essor, ce qui réduit mécaniquement les retombées sur la consommation intérieure.
Cette dernière progresse néanmoins sensiblement. Au deuxième trimestre, la consommation privée a augmenté de 5,91 % sur un an, portée notamment par les loisirs, les transports, le tourisme à l’étranger et l’activité générée par l’envolée des marchés financiers. Sur l’ensemble de 2026, les autorités taïwanaises anticipent une hausse de 4,76 %.
Le prochain défi : diffuser la richesse
Le contraste reste donc saisissant : une économie qui pourrait croître de plus de 11 % cette année, sans que l’ensemble des ménages bénéficie encore dans les mêmes proportions du boom technologique.
Pour que cette dynamique soutienne durablement la consommation, les revenus devront progresser au-delà du cercle des salariés de la technologie et des détenteurs d’actions. Les primes et les gains boursiers ne peuvent, à eux seuls, remplacer une augmentation régulière des salaires.
Le salaire minimum mensuel a déjà augmenté de 3,18 % au 1er janvier 2026, à 29 500 dollars taïwanais, une mesure qui concerne environ 2,47 millions de travailleurs selon le ministère du Travail.
Bank of America s’attend à une amélioration progressive de la consommation à mesure que les retombées du secteur technologique se diffuseront dans l’économie.
Après avoir dopé les exportations et la croissance, le boom de l’IA doit encore franchir une étape : se traduire durablement dans le pouvoir d’achat d’une plus grande partie de la population.
Gaston Baht
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