
À peine nommé Premier ministre du Laos, Saleumxay Kommasith a accueilli son homologue vietnamien Lê Minh Hưng à Vientiane, les 8 et 9 octobre. Les deux dirigeants ont assisté à la signature de onze documents de coopération gouvernementale, puis à l’échange de dix-sept certificats d’investissement, contrats et accords entre entreprises et administrations. Une séquence qui confirme la volonté des deux voisins d’accélérer leurs projets économiques communs.
Les annonces les plus importantes concernent la production d’électricité. Selon le ministère vietnamien des Finances, sept projets éoliens et hydroélectriques soutenus par des investisseurs vietnamiens représentent une capacité cumulée de 2 780 mégawatts et plus de 5,1 milliards de dollars d’investissements prévus. Ces montants correspondent à la valeur annoncée des projets, et non à des capitaux déjà investis. Leur réalisation dépendra notamment de la mobilisation des financements et des calendriers de construction.
Le Vietnam compte déjà plus de 300 projets d’investissement au Laos, pour environ sept milliards de dollars de capitaux enregistrés. Sur les neuf premiers mois de 2026, les entreprises vietnamiennes ont lancé 24 nouvelles opérations, représentant 670 millions de dollars. Le gouvernement laotien promet de faciliter leur réalisation en améliorant les conditions d’investissement.
L’électricité, moteur du rapprochement économique
Pour le Laos, ces projets prolongent une stratégie ancienne : valoriser ses ressources énergétiques en exportant de l’électricité vers ses voisins. Le Vietnam constitue un débouché important. Son industrialisation et la croissance de sa consommation électrique l’incitent à diversifier ses approvisionnements. Les investissements vietnamiens pourraient ainsi renforcer les capacités de production laotiennes tout en contribuant à la sécurité énergétique du Vietnam.
La coopération s’étend également aux transports. Les deux pays souhaitent notamment développer une liaison ferroviaire entre Vientiane et le port vietnamien de Vung Ang, ainsi qu’une autoroute reliant leurs capitales. Pour le Laos, pays sans accès à la mer, ces infrastructures pourraient faciliter les échanges commerciaux et réduire les coûts de transport.
Les deux gouvernements ambitionnent par ailleurs de porter leurs échanges bilatéraux à dix milliards de dollars par an d’ici 2030, contre près de trois milliards en 2025.
Reste à concrétiser ces engagements. Les projets énergétiques et ferroviaires nécessitent des financements considérables, alors que la dette publique laotienne limite les capacités d’investissement de l’État. Pour Hanoï comme pour Vientiane, le véritable enjeu sera désormais de transformer ces engagements financiers en centrales électriques, en infrastructures de transport et en retombées économiques concrètes.
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