
Après une semaine de discussions sur la dette, l’inflation et les turbulences de l’économie mondiale, place à la musique ! Vendredi 16 octobre, le Premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a troqué les discours économiques contre un saxophone lors d’une réception officielle organisée à Bangkok. Parmi les spectateurs de cette prestation inattendue figuraient Christine Lagarde et le ministre français Roland Lescure.
Quand le Premier ministre donne le tempo
Il fallait bien quelques notes de musique pour détendre l’atmosphère. Depuis plusieurs jours, les grands argentiers de la planète réunis à Bangkok multiplient les mises en garde sur l’endettement, les déséquilibres financiers et les risques qui menacent la croissance mondiale.
Vendredi soir, au One Bangkok Forum, le gouvernement thaïlandais avait décidé de changer de partition. Quelque 3 000 invités ont participé à cette réception mêlant gastronomie thaïlandaise, spectacles culturels et diplomatie. Parmi eux figuraient la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, le président de la Banque mondiale, Ajay Banga, mais aussi Christine Lagarde, présidente de la Banque centrale européenne, et Roland Lescure, ministre français de l’Économie et des Finances.
Mais la véritable surprise est venue du maître de cérémonie lui-même.
Après son discours officiel, Anutin Charnvirakul a saisi son saxophone pour interpréter What a Wonderful World, le célèbre morceau popularisé par Louis Armstrong. Le Premier ministre a ensuite quitté la scène pour jouer au milieu des invités, sous les applaudissements.

Une scène peu ordinaire : après plusieurs journées consacrées aux dettes publiques, aux prévisions de croissance et aux équilibres financiers mondiaux, les responsables économiques se retrouvaient réunis autour du saxophone d’Anutin. Pour quelques instants, les notes de musique avaient remplacé celles des agences de notation.
La Thaïlande joue aussi la carte de la séduction
Avant de se transformer en musicien, Anutin avait néanmoins pris soin de rappeler les ambitions économiques de son pays. Le Premier ministre a vanté la gastronomie thaïlandaise, le tourisme de bien-être et les industries créatives, autant de secteurs sur lesquels le royaume souhaite s’appuyer pour développer son économie et attirer de nouveaux partenaires internationaux.
La Thaïlande n’avait plus accueilli les assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale depuis 1991, soit trente-cinq ans. Bangkok entendait donc profiter de ce rendez-vous pour rappeler son importance économique, mais aussi faire découvrir son hospitalité légendaire.
Vendredi soir, Anutin a manifestement décidé d’y apporter sa touche personnelle. Reste à savoir si les dirigeants financiers ont été aussi sensibles à sa prestation musicale qu’aux perspectives économiques présentées pendant la semaine.










