
Treize hommes ont été arrêtés en Malaisie après une attaque aux cocktails Molotov contre des habitations de rohingyas, dans l’État de Johor. Les faits, survenus le 13 octobre, interviennent dans un climat de tensions autour de cette communauté originaire de Birmanie, dont la présence suscite une hostilité croissante dans certains milieux malaisiens. L’affaire survient quelques jours après la visite du président birman, Min Aung Hlaing, à Kuala Lumpur.
Une attaque après des vidéos provocatrices
Dans la nuit du 12 au 13 octobre, plusieurs cocktails Molotov ont été lancés contre des habitations de Rohingyas à Kulai, dans le sud de la Malaisie. Les incendies, rapidement maîtrisés, n’ont fait aucun blessé.
Lundi 19 octobre, la police de Johor a annoncé l’arrestation de treize Malaisiens âgés de 16 à 31 ans. Les enquêteurs ont notamment saisi des téléphones portables et des vêtements susceptibles de les aider à établir les responsabilités.
Selon le chef de la police, Ab Rahaman Arsad, l’attaque pourrait être liée à deux vidéos diffusées sur Facebook, dans lesquelles des individus présentés comme des Rohingyas auraient provoqué des Malaisiens en les défiant de venir les affronter.
Mais l’authenticité de ces publications soulève des questions. Un birman affirme que son image a été utilisée sans son autorisation. La police cherche toujours à identifier les auteurs des vidéos et à établir les motivations des assaillants.
Anwar Ibrahim sous pression
L’incident intervient alors que la présence des Rohingyas suscite une opposition de plus en plus visible dans certains secteurs de la société malaisienne. Les réseaux sociaux relaient régulièrement des appels à leur départ, sur fond de préoccupations concernant l’immigration, l’emploi et la sécurité.
Le gouvernement d’Anwar Ibrahim a durci sa politique migratoire. Le 29 septembre, près de 1 500 ressortissants birmans ont été renvoyés dans leur pays. Quelques jours plus tard, les 7 et 8 octobre, le Premier ministre recevait Min Aung Hlaing pour discuter notamment de nouveaux rapatriements.
Cette coopération inquiète les organisations de défense des droits humains, qui dénoncent les risques encourus par les personnes renvoyées en Birmanie. La Malaisie accueille une importante communauté rohingya, mais ne reconnaît pas juridiquement le statut de réfugié prévu par la Convention de Genève de 1951.
L’attaque de Johor illustre ainsi un climat de tensions croissantes. Aucun élément ne permet toutefois d’établir un lien direct entre cette agression, la visite du chef de la junte et les expulsions récentes.
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