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CAMBODGE – FRANCE : Le Musée national de Phnom Penh prépare sa renaissance

Date de publication : 22/10/2026
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Le Musée national de Phnom Penh prépare sa renaissance

Plus d’un siècle après son inauguration sous le protectorat français, le Musée national du Cambodge prépare sa transformation. Jeudi 22 octobre, Phnom Penh a présenté les résultats d’un programme d’études financé par Paris à hauteur de 900 000 euros. Objectif : moderniser et agrandir l’une des plus importantes institutions culturelles du royaume. Mais entre les ambitions affichées et leur réalisation, plusieurs étapes restent à franchir.

Au cœur de Phnom Penh, à quelques pas du Palais royal, les pavillons rouges du Musée national du Cambodge semblent défier le temps. Depuis plus d’un siècle, cet édifice aux toitures traditionnelles abrite une collection de sculptures, de bronzes et d’objets archéologiques retraçant l’histoire de la civilisation khmère. Mais derrière cette architecture emblématique, le musée doit aujourd’hui relever un défi : préserver ses trésors tout en s’adaptant aux exigences d’un établissement culturel moderne.

Jeudi 22 octobre, les autorités cambodgiennes ont présenté les résultats d’un programme d’études destiné à préparer sa rénovation et son éventuel agrandissement. Financé par la France à hauteur de 900 000 euros, ce travail a été conduit par Expertise France avec la participation du musée national des arts asiatiques – Guimet, à Paris.

Le projet ne date pas d’hier. Le 29 juin 2022, la ministre de la Culture et des Beaux-Arts, Phoeurng Sackona, avait sollicité l’appui de Paris pour accompagner la modernisation de cette institution majeure du patrimoine national. Une lettre d’intention signée en janvier 2024 a ensuite permis de préparer le programme d’études, officiellement engagé en octobre de la même année.

Un musée plus moderne, mais un chantier encore à définir

Les études portent sur plusieurs dimensions : la conservation des collections, la rénovation des bâtiments, la réorganisation des espaces d’exposition et l’accueil du public.

L’ambition est également de donner davantage de place à la recherche, à la médiation culturelle et à la transmission des savoirs. L’intégration de bâtiments voisins de l’Université royale des beaux-arts figure parmi les possibilités examinées pour permettre une extension du musée.

La ministre Phoeurng Sackona et l’ambassadeur de France au Cambodge, Olivier Richard, ont souligné l’importance de cette coopération lors de la présentation des études, selon Kampucheathmey.

Il reste toutefois une étape décisive à franchir. Les 900 000 euros engagés par la France ont financé les études préparatoires, et non les futurs travaux. Aucun budget global de rénovation ni calendrier de chantier n’a encore été confirmé.

Autrement dit, le projet dispose désormais d’une base technique et scientifique, mais sa concrétisation dépendra des décisions et des financements à venir.

George Groslier, aux origines d’une histoire franco-cambodgienne

La participation française à ce projet possède une résonance historique particulière. Le Musée national du Cambodge doit en effet une grande partie de son existence à George Groslier, artiste et historien français passionné par les arts khmers. Né à Phnom Penh en 1887, il joua un rôle clé dans la création de l’établissement et dans la préservation des savoir-faire cambodgiens.

La première pierre du musée fut posée le 15 août 1917. Le bâtiment, inspiré de l’architecture traditionnelle khmère, fut inauguré le 13 avril 1920 en présence du roi Sisowath. Il portait alors le nom d’Albert Sarraut, gouverneur général de l’Indochine française.

Cette origine coloniale appartient pleinement à l’histoire de l’institution. Progressivement, les Cambodgiens en ont repris la direction et la gestion. En 1951, le musée passa sous l’administration du Cambodge. En 1966, Chea Thay Seng devint sa première directrice cambodgienne.

Aujourd’hui, le musée conserve un patrimoine exceptionnel, depuis les premières civilisations de la région jusqu’aux grandes réalisations artistiques de l’époque angkorienne et des siècles suivants.

La nouvelle coopération avec la France intervient donc dans un contexte très différent de celui de sa fondation. Il ne s’agit plus de créer une institution sous l’autorité du protectorat, mais d’accompagner les autorités cambodgiennes dans la modernisation de leur propre musée national. Le musée Guimet apporte notamment son expertise scientifique et muséographique, dans le prolongement d’une coopération ancienne autour de l’étude et de la conservation des arts khmers.

Pour le Cambodge, l’enjeu dépasse la seule préservation des œuvres. Un musée modernisé pourrait renforcer l’attractivité culturelle de Phnom Penh, encourager les visiteurs à prolonger leur séjour dans la capitale et mieux faire connaître un patrimoine souvent éclipsé, sur le plan touristique, par les temples d’Angkor.

Plus d’un siècle après George Groslier, la France retrouve ainsi une place dans l’avenir de cette institution emblématique. Reste désormais à transformer les études en décisions, puis les ambitions en travaux. Car pour le Musée national de Phnom Penh, la véritable renaissance est encore à construire.

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