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ASIE – DIPLOMATIE : Énergie, commerce, inflation : le Moyen-Orient place l’ASEAN sous pression

Date de publication : 09/05/2026
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La guerre au Moyen-Orient s’impose désormais comme une préoccupation majeure pour l’Asie du Sud-Est. Réunis jeudi à Cebu, aux Philippines, à l’occasion du 48e Sommet de l’ASEAN, les dirigeants de la région ont affiché une inquiétude rare face aux risques économiques, énergétiques et géopolitiques provoqués par l’escalade autour de l’Iran.

 

Dans une longue déclaration commune, les chefs d’État et de gouvernement ont tenté de montrer une ASEAN unie face à une crise qui menace directement les économies de la région. Car derrière les appels diplomatiques à la désescalade, c’est surtout la crainte d’un choc économique majeur qui domine désormais les discussions régionales.

 

Le détroit d’Ormuz au centre des préoccupations

 

Au cœur des inquiétudes figure le détroit d’Ormuz, passage stratégique par lequel transite près d’un cinquième du pétrole mondial. Pour les économies d’Asie du Sud-Est, fortement dépendantes des importations énergétiques, une perturbation durable de cette route maritime pourrait provoquer une flambée des prix de l’énergie, du transport et des produits alimentaires.

 

Les dirigeants de l’ASEAN ont exprimé leur « profonde inquiétude » face à toute entrave à la liberté de navigation et appelé à garantir un transit maritime « sûr, continu et sans entrave » conformément au droit international et à la Convention des Nations unies sur le droit de la mer.

 

Le communiqué salue également le cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l’Iran sous médiation pakistanaise, tout en exhortant les différentes parties à poursuivre les négociations diplomatiques et à éviter toute nouvelle escalade militaire.

 

L’ASEAN accélère sa stratégie énergétique

 

Face à la montée des tensions, l’organisation régionale veut renforcer rapidement sa résilience énergétique. Le sommet a ainsi remis au premier plan plusieurs projets longtemps ralentis par les lourdeurs politiques régionales, notamment le développement du réseau électrique transfrontalier ASEAN Power Grid, le renforcement des projets régionaux de gazoducs, la mise en place de mécanismes communs de sécurité pétrolière ainsi que l’accélération des investissements dans les énergies renouvelables.

 

Les dirigeants évoquent également la diversification des fournisseurs énergétiques, l’augmentation de l’utilisation des biocarburants, le développement des véhicules électriques et même l’exploration du nucléaire civil dans certains pays, dans le respect des normes internationales de sécurité.

 

Pour plusieurs observateurs, cette crise agit comme un électrochoc pour une ASEAN qui peine depuis des années à bâtir une véritable stratégie énergétique commune.

 

Une nouvelle menace sur la sécurité alimentaire

 

Au-delà de l’énergie, les pays d’Asie du Sud-Est redoutent désormais une nouvelle poussée inflationniste liée à l’augmentation des coûts du carburant, des engrais et du transport maritime.

 

Les dirigeants de l’ASEAN craignent que ces tensions ne fragilisent davantage les chaînes d’approvisionnement agricoles et ne provoquent une hausse des prix alimentaires dans plusieurs pays de la région. Le communiqué prévoit ainsi un renforcement des mécanismes régionaux de surveillance des productions agricoles, des stocks alimentaires et des prix des engrais.

 

L’organisation envisage également d’utiliser davantage les réserves stratégiques de riz de l’ASEAN+3 — un mécanisme de coopération regroupant les pays de l’ASEAN ainsi que la Chine, le Japon et la Corée du Sud — afin d’éviter toute rupture d’approvisionnement en cas de crise prolongée.

 

Des inquiétudes économiques croissantes

 

Les ministres des Finances et les banques centrales de l’ASEAN ont aussi été chargés de renforcer leur coordination afin de limiter les effets du conflit sur les économies régionales.

 

Le communiqué insiste sur la nécessité de préserver des marchés ouverts, de maintenir la fluidité des échanges commerciaux et d’éviter les mesures protectionnistes susceptibles d’aggraver les tensions économiques. L’ASEAN souhaite également accélérer plusieurs accords économiques régionaux, notamment le partenariat RCEP et l’accord-cadre sur l’économie numérique.

 

Les PME, particulièrement vulnérables à la hausse des coûts énergétiques et logistiques, figurent également parmi les priorités du sommet.

 

L’ASEAN cherche à renforcer sa coordination

 

Au-delà des mesures économiques, ce sommet illustre surtout la volonté de l’ASEAN de renforcer sa coordination face à un environnement international devenu plus instable.

 

Les dirigeants ont réaffirmé leur attachement au multilatéralisme, au respect du droit international et à une architecture régionale « ouverte, inclusive et fondée sur des règles ».

 

Derrière ce communiqué, l’organisation régionale cherche surtout à éviter qu’une nouvelle crise mondiale ne fragilise davantage des économies déjà confrontées au ralentissement du commerce international, aux tensions géopolitiques et à la volatilité des prix de l’énergie.

 

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