
Mangas japonais, bandes dessinées numériques et nouveaux talents asiatiques : la cinquième édition du Bangkok Comics Art Festival se poursuit jusqu’au 18 octobre au Bangkok Art and Culture Centre. Au programme des prochains jours, des ateliers avec des artistes thaïlandais, la venue d’un dessinateur japonais réputé et la première édition des Monsoon Awards. Une occasion de découvrir une bande dessinée asiatique qui ne se limite pas aux mangas.
À Bangkok, la bande dessinée a trouvé son rendez-vous d’octobre. Depuis le 6 et jusqu’au 18 octobre, le Bangkok Comics Art Festival investit le Bangkok Art and Culture Centre (BACC), le grand centre culturel situé à proximité du centre commercial MBK, au cœur de la capitale thaïlandaise.
Pour cette cinquième édition, les organisateurs réunissent des artistes venus d’horizons différents. Mangas japonais, bandes dessinées thaïlandaises, romans graphiques et créations numériques se côtoient dans un programme d’expositions, de rencontres et d’ateliers.
Pour un lecteur français, habitué aux albums franco-belges et aux mangas japonais, le festival offre surtout l’occasion de découvrir une scène asiatique moins connue, dont les auteurs empruntent des chemins parfois très différents de ceux de l’édition européenne.
Quand la bande dessinée se lit sur téléphone
Parmi les artistes mis à l’honneur figurent deux créatrices thaïlandaises, Beli et Siradasue, représentatives de l’essor des webtoons. Ces bandes dessinées numériques, popularisées en Corée du Sud, sont généralement conçues pour une lecture verticale sur smartphone. Plutôt que de tourner les pages, le lecteur fait défiler les images du bout du doigt.
Originaire de Chiang Rai, dans le nord de la Thaïlande, Beli est notamment l’autrice de Coffee or Me?! et To Soul. Siradasue a, pour sa part, créé My Junior Won’t Let Me Leave!
Leurs œuvres s’inscrivent dans l’univers du Boys’ Love, souvent abrégé en BL, un genre de fiction consacré aux relations sentimentales entre personnages masculins. Très populaire dans plusieurs pays asiatiques, il a trouvé en Thaïlande un public important, notamment grâce aux séries télévisées et aux plateformes numériques.
Les deux autrices étaient au programme des rencontres du samedi 10 octobre. Pour les visiteurs qui souhaitent découvrir les techniques de création, Siradasue doit également animer un atelier consacré à la narration dimanche 11 octobre à 13 heures.
Au-delà des histoires racontées, ces artistes témoignent d’une évolution des habitudes de lecture. La bande dessinée ne passe plus nécessairement par l’imprimerie ou les librairies : elle peut être publiée directement sur des plateformes numériques et toucher des lecteurs bien au-delà des frontières thaïlandaises.
Un dessinateur japonais attendu les 17 et 18 octobre
Autre rendez-vous de cette édition : la présence d’Akeji Fujimura, dessinateur japonais connu pour As the Gods Will, un manga mêlant fantastique, suspense et jeux mortels.
Dans cette série, des lycéens sont confrontés à des épreuves aussi mystérieuses que dangereuses, dont ils doivent comprendre les règles pour espérer survivre. Un univers éloigné de la bande dessinée d’aventure classique, qui illustre la diversité des genres explorés par les auteurs japonais.
Le festival présente une sélection d’œuvres et de croquis du dessinateur. Celui-ci doit également participer à des ateliers les samedi 17 et dimanche 18 octobre. Ces rencontres permettront aux amateurs de découvrir son travail et certaines étapes de la création d’un manga.
La programmation comprend aussi des œuvres de Cyber Sheep Studios, à l’origine de Ronin of Okane, une bande dessinée qui associe univers futuriste et références au folklore japonais.
Les Monsoon Awards, une nouvelle vitrine pour les auteurs asiatiques
Cette cinquième édition accueille également une nouveauté : les Monsoon Awards, des prix destinés à mettre en lumière la bande dessinée indépendante asiatique et les créations issues des diasporas.
Fondées par Juliette Yu-Ming Lizeray et Boris Aravindabalan, ces distinctions couvrent plusieurs formes de narration graphique, des romans graphiques aux bandes dessinées numériques, sans oublier les œuvres expérimentales.
L’objectif est de donner davantage de visibilité à des auteurs qui ne bénéficient pas toujours des grands circuits internationaux de l’édition. Une ambition particulièrement intéressante dans une région où les traditions graphiques, les langues et les modes de diffusion varient considérablement d’un pays à l’autre.
La présentation des finalistes et des lauréats est prévue le dimanche 18 octobre à 11 heures, lors du dernier week-end du festival.
Avec ses expositions et ses rencontres, le Bangkok Comics Art Festival rappelle que la bande dessinée asiatique ne se résume ni au manga japonais ni à un style graphique particulier. Derrière les œuvres exposées se dessine une scène créative diverse, où se rencontrent influences internationales et histoires locales.
Pour les amateurs de BD comme pour les simples curieux, une visite au BACC peut ainsi réserver quelques découvertes. Et peut-être donner envie de prolonger la lecture, une fois rentré chez soi, sur papier ou sur écran.
Informations pratiques
Le Bangkok Comics Art Festival se tient jusqu’au dimanche 18 octobre 2026 au Bangkok Art and Culture Centre (BACC), près de la station BTS National Stadium, à Bangkok.
Parmi les prochains rendez-vous : rencontres avec Akeji Fujimura les 17 et 18 octobre, et présentation des Monsoon Awards le 18 octobre.
Programme et modalités de participation ici.
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