
L’affaire Ben Smith, alias Benjamin Mauerberger, prend une nouvelle tournure en Thaïlande. Mardi 27 octobre, les autorités thaïlandaises ont lancé une nouvelle offensive judiciaire contre un réseau d’investisseurs soupçonné d’avoir dissimulé des participations dans une entreprise cotée à Bangkok. La police économique a demandé sept mandats d’arrêt dans le cadre d’une enquête mêlant soupçons de blanchiment d’argent et montages financiers internationaux.
Au cœur de cette affaire : VGI, une société thaïlandaise spécialisée notamment dans la publicité. Selon la Commission thaïlandaise des marchés financiers (SEC), trois investisseurs auraient utilisé des entreprises et des fonds établis à l’étranger pour cacher l’identité des véritables propriétaires de leurs actions.
Les enquêteurs soupçonnent ces investisseurs d’avoir mis en commun leurs financements et coordonné leurs opérations pour contrôler plus de 25 % des droits de vote de VGI. Or, en Thaïlande, tout investisseur qui franchit ce seuil doit normalement déclarer sa participation et proposer aux autres actionnaires de racheter leurs titres. Selon la SEC, les investisseurs concernés n’ont pas respecté ces obligations et auraient transmis de fausses informations.
Ben Smith et son entourage dans le viseur
La police économique thaïlandaise a demandé à la justice de délivrer des mandats d’arrêt contre sept personnes, dont un certain « Ben », une certaine « Cattaliya » et un certain « Yim ». Plusieurs médias thaïlandais les identifient comme Ben Smith, son épouse Cattaliya Beevor et l’homme d’affaires cambodgien Yim Leak.
Les autorités leur reprochent notamment de possibles fausses déclarations boursières, des manquements aux règles relatives aux offres publiques d’achat, ainsi que des faits présumés d’association criminelle et d’entente en vue d’un blanchiment d’argent.
Mardi, les enquêteurs ont également perquisitionné quatre lieux pour recueillir de nouvelles preuves.
Une enquête qui dépasse les frontières
Pour retracer les mouvements d’argent et identifier les véritables propriétaires des actions, la SEC a fait appel à plusieurs autorités financières étrangères. Grâce à cette coopération, les enquêteurs ont pu reconstituer des circuits financiers complexes et établir des liens entre différents investisseurs.
Cette nouvelle procédure élargit encore un dossier judiciaire que Gavroche suit depuis plusieurs mois. En mars dernier, nous rapportions que Ben Smith et son épouse faisaient déjà l’objet de poursuites pour fraude et blanchiment d’argent.
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