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BIRMANIE EXPRESS – ACTUALITÉS : Que retenir de l’actualité birmane du 2 au 8 mars ?

Date de publication : 09/03/2026
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Gavroche a sélectionné pour vous quelques nouvelles saillantes en Birmanie durant la semaine écoulée. Un survol de l’actualité indispensable pour tous ceux qui s’intéressent à ce pays d’Asie du Sud-Est.

 

Politique, Diplomatie

 

Début mars, la Birmanie a lancé un système national d’enregistrement des appareils mobiles (CEIR), obligeant à identifier le numéro IMEI de chaque téléphone. Présentée officiellement comme une mesure fiscale, cette initiative est dénoncée par des experts en cybersécurité opposés au régime, qui y voient un outil de surveillance de masse. En liant l’identité de l’utilisateur à son appareil plutôt qu’à sa seule carte SIM, le régime se dote de la capacité de localiser des individus en temps réel, d’intercepter des communications et de bloquer les appareils non enregistrés, ciblant particulièrement les réseaux de la résistance. Accompagnée de menaces de coupure pour les téléphones non régularisés avant le 31 mars, cette réforme numérique constitue une nouvelle étape dans le contrôle des communications dans le pays.

 

À l’occasion du dixième anniversaire de la Coopération Mékong-Lancang (MLC) à Naypyitaw, la Birmanie a réaffirmé son alignement stratégique avec Pékin. Le ministre des Affaires étrangères, Than Swe, a rappelé que le pays est le principal bénéficiaire du fonds spécial de l’organisation, avec 132 projets financés pour un total de 38,6 millions de dollars depuis 2017. Alors que la MLC entame sa deuxième décennie sous l’influence croissante de la Chine, ce partenariat est présenté comme un pilier du développement et de la reconnaissance régionale de la Birmanie, illustré par la croissance soutenue des échanges commerciaux entre la Chine et les pays du Mékong, qui ont dépassé 500 milliards de dollars en 2025.

 

La Birmanie intensifie aussi son offensive diplomatique au Moyen-Orient pour briser son isolement et pallier ses pénuries énergétiques. La récente visite de l’ambassadeur d’Arabie saoudite, Maziad Mohammed M. Al-Howishan, à Naypyitaw a permis d’aborder la coopération dans l’investissement et l’énergie. Confronté aux sanctions occidentales depuis le coup d’État de 2021, le régime de Min Aung Hlaing multiplie les rapprochements avec des puissances régionales comme le Koweït, le Qatar, les Émirats arabes unis ou l’Iran, recherchant capitaux et alliances stratégiques via des organisations comme l’OCS ou les BRICS. Ce pivot vers le Golfe illustre la volonté de diversifier ses soutiens politiques au-delà de ses alliés traditionnels russe et chinois.

 

Le général Ye Win Oo, fidèle confident et « yeux et oreilles » de Min Aung Hlaing, a été nommé chef de l’armée de terre. Cette promotion intervient avant la transition prévue vers un gouvernement civil sous contrôle militaire en avril. Ancien chef du renseignement militaire impliqué dans l’arrestation de Daw Aung San Suu Kyi lors du coup d’État de 2021, Ye Win Oo pourrait succéder à Min Aung Hlaing comme commandant en chef si celui-ci accède à la présidence.

 

Économie

 

Une vague d’inquiétude face à d’éventuelles pénuries de carburant frappe la Birmanie, provoquant de longues files d’attente dans les stations-service de Naypyitaw, Rangoun et Mandalay, alors que les tensions au Moyen-Orient perturbent les approvisionnements mondiaux et font grimper les prix. Dépendante à 90 % des importations, la Birmanie a instauré un système de rationnement de la circulation basé sur les plaques d’immatriculation paires et impaires à partir du 7 mars, tout en affirmant disposer de réserves pour 40 jours afin de rassurer la population. Malgré ces mesures, de nombreux vendeurs limitent déjà les ventes ou ferment leurs portes, notamment dans les zones frontalières et minières où les prix ont parfois doublé, illustrant la fragilité de la chaîne énergétique d’un régime déjà affaibli par les sanctions et les conflits internes.

 

Société / Répression / Conflit

 

La Birmanie a annoncé la dissolution formelle de Fully Light Group, un puissant conglomérat basé au Kokang dirigé par la famille Liu, marquant l’effondrement d’un empire criminel impliqué dans la cyberfraude, les casinos et le trafic d’êtres humains. Cette décision intervient alors que la Chine intensifie sa répression contre les centres d’escroquerie en ligne dans le nord de l’État Shan, ce qui a déjà conduit à l’arrestation et à l’extradition vers Pékin du patriarche Liu Zhengxiang et d’autres chefs de milices alliés au régime. Malgré des décennies d’influence économique et de soutien à l’armée, le démantèlement de ce groupe — qui gérait plus de 30 filiales et des enclaves de fraude télécom — souligne la fin de l’impunité pour les clans du Kokang face à la pression judiciaire chinoise.

 

Dans le cadre d’une amnistie portant sur plus de 9 000 prisonniers, à l’approche de la session parlementaire du 16 mars, le régime a libéré plusieurs figures politiques de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), ainsi que des activistes et journalistes, tout en maintenant en détention Daw Aung San Suu Kyi et U Win Myint. Parmi les personnes remises en liberté figure l’ancien maire de Naypyitaw, Dr Myo Aung.

 

Le secteur du tourisme en Birmanie traverse une transformation majeure, alors que l’insécurité pousse la classe moyenne à se tourner vers la Chine, devenue l’une des rares destinations internationales abordables grâce à l’essor des compagnies aériennes low-cost. Les tarifs ont chuté de 40 %, et les réservations vers des villes comme Kunming ou Guangzhou ont presque triplé en six mois. Face à cette demande, les agences de voyages de Rangoun multiplient les forfaits combinant train à grande vitesse et expériences de shopping, réinventant les circuits touristiques pour répondre à de nouvelles attentes.

 

Le tribunal de New York a condamné mardi Takeshi Ebisawa, membre de la mafia japonaise yakuza âgé de 61 ans, à 20 ans de prison. Arrêté en avril 2022 dans le cadre d’une enquête de la DEA, il avait plaidé coupable de trafic de matériel nucléaire de qualité militaire, d’armes et de stupéfiants. Les procureurs l’ont accusé d’avoir tenté de vendre du plutonium à l’Iran et d’avoir transporté de l’héroïne et de la méthamphétamine pour acquérir des missiles sol-air destinés à des groupes armés en Birmanie.

 

L’armée birmane a repris le village de Min Kone, à environ 21 km au sud de Tagaung, marquant une étape clé dans leur offensive pour reconquérir cette ville stratégique de la région de Mandalay grâce à l’usage intensif de drones. Cette progression vise notamment à sécuriser une usine de nickel de plusieurs millions de dollars, un projet sino-birman majeur. Malgré la résistance des unités de la People’s Defense Force (PDF), la puissance de feu du régime a forcé les rebelles à se replier, provoquant aussi le déplacement de milliers de civils.

 

L’Armée d’Arakan (AA) et ses alliés des forces de défense populaire (PDF) ont lancé une offensive contre l’usine d’armement n°16 du régime dans le canton de Padaung, dans la région de Bago, signalant une expansion stratégique du conflit au-delà de l’État de Rakhine. En s’emparant de plusieurs avant-postes et en pilonnant le complexe, spécialisé dans la production de poudre et de munitions, les groupes de résistance cherchent à affaiblir durablement les capacités logistiques de l’armée. Cette poussée militaire, qui a entraîné la fuite de soldats conscrits et l’arrêt des opérations industrielles, illustre la capacité croissante de l’AA à projeter ses forces dans les régions voisines et à resserrer l’étau autour des derniers bastions du régime dans l’ouest du pays.

 

Le chef de l’Armée de libération du peuple Bamar (BPLA), Maung Saungkha, a indiqué que le Gouvernement d’unité nationale (NUG) détient un dirigeant et quatre membres de l’Armée de libération nationale, ancienne PDF dissidente. Ces arrestations interviennent malgré un accord récent entre la Spring Revolution Alliance et le NUG pour résoudre les différends par le dialogue. Le NUG n’a pas commenté ces détentions.

 

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