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CAMBODGE – CONFLIT: Vu de Phnom Penh, une guerre toujours larvée

Journaliste : Yann Moreels Date de publication : 24/01/2026
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Une chronique cambodgienne de Yann Moreels

 

Après les durs affrontements armés à la frontière et les bombardements aériens à l’intérieur du territoire cambodgien au mois de décembre, un cessez-le-feu est intervenu entre le Cambodge et la Thaïlande le 27 décembre 2025.

 

Après un mois de cessez-le-feu, la situation demeure extrêmement volatile à la frontière. Les risques liés à la dissémination d’engins non explosés imposent le maintien de consignes restrictives par l’Ambassade de France. Les déplacements restent dangereux et fortement déconseillés jusqu’à 50 km de la frontière, particulièrement dans les zones où les troupes thaïlandaises sont restées sur le territoire cambodgien et où le moindre incident peut mettre à bas le statu quo actuel.

 

L’impatience du Gouvernement royal

 

Le Gouvernement royal s’impatiente de savoir quand des négociations pourront avoir lieu pour obtenir le retrait des troupes de la Première région militaire thaïlandaise, qui a procédé à l’installation de barrières de conteneurs dans plusieurs zones frontalières de la province de Sa Kéo.

 

Il est insupportable de voir des maisons khmères situées sur un territoire contrôlé par une armée ennemie. Et surtout inacceptable de devoir poursuivre l’assistance à 10 000 réfugiés qui n’ont toujours pas pu rentrer chez eux.

 

La période de paix actuelle — très relative dans les faits — correspond à un mois d’occupation du territoire cambodgien. C’est une souffrance, mais sans doute sans espoir de changement positif avant les élections législatives thaïlandaises du 8 février 2026. Un scrutin qui s’annonce féroce localement, mais ne promet pas grand-chose aux Khmers en termes d’issue heureuse de la crise frontalière.

 

Les Cambodgiens s’activent donc en coulisses pour sensibiliser la communauté internationale à une situation d’envahissement qui perdurera… tant que le cessez-le-feu durera. Chacun se berce aussi de l’illusion que Trump soutiendrait la souveraineté du Cambodge si la Chine continuait à vendre du matériel militaire aux Siamois.

 

Argent gris et cybercriminalité régionale

 

Alors que la Thaïlande découvre l’influence chez elle — et plus seulement chez le voisin — de « l’argent gris », issu de capitaux douteux évoluant, semble-t-il, dans l’arène politique à Bangkok, le Cambodge poursuit ses interventions contre des entreprises trop longtemps restées incontrôlées et pouvant dissimuler des activités de « scams », liées à la cybercriminalité. Chacun, d’ailleurs, est convaincu que le mal se situe de l’autre côté de la frontière.

 

Après Sihanoukville, c’est désormais à Phnom Penh que des milliers de jeunes étrangers sont libérés. Après un grand nombre de Chinois et quelques centaines de Vietnamiens, ce sont près d’un millier d’Indonésiens qui se retrouvent à la rue, près de leur ambassade.

 

Comment tous ces étrangers ont-ils pu entrer et séjourner au « Pays des Merveilles » ? Les défaillances administratives multiples, la corruption et autres dérives se confirment effectivement.

 

L’État effectue enfin son travail. Il assume sa responsabilité. Et, comme par hasard, le nouveau Premier ministre, Hun Manet, ne se retourne pas vers les gouvernements précédents.

 

Incertitudes politiques régionales

 

Par ailleurs, que fera le futur gouvernement nationaliste qui émergera du scrutin de février à Bangkok ? C’est une question aujourd’hui largement posée. Vu du Cambodge, chacun sait que l’on ne pourra pas en rester là.

 

Que dire des quatorze zones conquises dont le gouvernement cambodgien dénonce l’occupation, et des quelques temples à moitié détruits, dont le temple Ta Moan, désormais revendiqué, alors même que le droit international exige déjà le respect des frontières reconnues.

 

L’ONU, qui a été saisie, et l’UNESCO, mobilisée depuis plusieurs semaines, observent la campagne politique thaïlandaise. Les Khmers, eux, souffrent en silence. Quant aux marchands de baguettes d’encens, ils se réapprovisionnent…

 

Yann Moreels

 

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