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CAMBODGE – EUROPE : A Bruxelles, Hun Manet promet d’éradiquer les centres d’escroquerie en ligne

Date de publication : 28/02/2026
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Peut-on faire confiance au Premier ministre cambodgien Hun Manet lorsqu’il affirme à l’AFP que les centres d’arnaque détruisent l’économie du pays et ternissent l’image du Cambodge, tout en rejetant toute accusation de complicité gouvernementale ?

 

Une chose est sûre : lors de sa visite à Bruxelles, le chef du gouvernement cambodgien a reconnu que les centres d’escroquerie en ligne avaient indirectement stimulé certaines activités économiques et créé des emplois dans le pays. Il a toutefois affirmé que le Cambodge ne tirait aucun bénéfice direct de ces réseaux criminels.

 

Le pays est devenu un point névralgique pour des réseaux criminels qui exploitent une industrie de fraude pesant plusieurs milliards de dollars, où des escrocs piègent des internautes du monde entier à travers de fausses relations amoureuses et de faux investissements en cryptomonnaies.

 

« Le réseau d’arnaques, que nous qualifions d’économie noire, porte atteinte à notre économie formelle et ternit la réputation du Cambodge », a déclaré Hun Manet à l’AFP lors d’un rare entretien accordé à des médias internationaux. Il a estimé que ces activités nuisent directement au tourisme et aux investissements étrangers. « C’est pourquoi nous devons éradiquer ce phénomène », a-t-il ajouté.

 

Selon des responsables gouvernementaux, une vaste opération de répression a conduit à des milliers d’arrestations, ainsi qu’à l’extradition récente vers la Chine d’un ancien conseiller proche des dirigeants cambodgiens. Toutefois, certains experts du secteur s’interrogent sur la portée réelle de ces mesures, évoquant des soupçons de liens entre certains responsables et des réseaux de cyber-escroquerie, et remettant en question la sincérité de l’engagement des autorités dans la lutte contre ces activités.

 

Hun Manet, qui a succédé à son père Hun Sen au poste de Premier ministre en 2023, a admis que la criminalité avait indirectement stimulé certaines activités commerciales et créé des emplois, mais a nié que le Cambodge en ait profité. « Oui, les centres d’arnaque peuvent produire certains effets directs sur l’immobilier, certains investissements, la construction, l’achat, la mise en place des centres », a-t-il déclaré. « Mais la majeure partie des profits ne va pas au gouvernement du Cambodge », a ajouté le Premier ministre.

 

Selon des experts, le Cambodge abrite des dizaines de centres d’arnaque employant environ 100 000 personnes — dont beaucoup seraient victimes de traite d’êtres humains — pour perpétrer des escroqueries en ligne.

 

Un rapport publié en 2024 par l’Institut américain pour la paix a estimé que les revenus issus de la cyberescroquerie au Cambodge dépassaient 12,5 milliards de dollars par an — soit la moitié du PIB officiel du pays — mais Hun Manet a nié que le pays dépende de ces activités frauduleuses.

 

Opérant depuis divers pays d’Asie du Sud-Est, les auteurs de ces escroqueries sont parfois des volontaires, parfois des ressortissants étrangers victimes de traite, piégés et contraints de travailler sous la menace de torture.

 

Ciblant initialement principalement des locuteurs chinois — à qui ils ont soutiré des milliards, suscitant une colère croissante — les escrocs ont élargi leurs opérations à plusieurs langues afin de dérober d’importantes sommes à des victimes dans le monde entier.

« Parrain »

 

L’an dernier, une série d’opérations de répression largement impulsées par Pékin — qui exerce une influence économique et diplomatique majeure dans la région — a permis la libération de milliers de travailleurs victimes d’arnaques détenus dans des centres en Birmanie et au Cambodge, ainsi que leur rapatriement vers leurs pays d’origine, dont une part importante vers la Chine.

 

Cette offensive a conduit, en janvier, à l’arrestation et à l’extradition depuis le Cambodge du magnat d’origine chinoise Chen Zhi. Inculpé en octobre par les autorités américaines, il avait auparavant exercé des fonctions de conseil auprès de l’actuel Premier ministre Hun Manet et de son père.

 

« Nous ne savions pas qu’il était le cerveau », a déclaré Hun Manet à l’AFP à Bruxelles, où il effectuait une escale dans le cadre d’un déplacement international visant à renforcer le soutien diplomatique dans le contexte du conflit frontalier avec la Thaïlande.

 

Il a précisé qu’une vérification de ses antécédents n’avait révélé aucune alerte particulière. Le conglomérat dirigé par Chen, Prince Group — que les autorités américaines décrivent comme la couverture d’un vaste réseau de cyberfraude — était présent dans plusieurs pays, notamment au Royaume-Uni.

 

Selon les procureurs américains, depuis environ 2015, Prince Group opérait dans plus de 30 pays sous couvert d’activités apparemment légitimes dans l’immobilier, les services financiers et les biens de consommation.

 

Avant que les accusations ne soient rendues publiques, Chen était perçu à Phnom Penh comme « un homme d’affaires contribuant à l’économie », a souligné Hun Manet. « Quelles que soient les activités alléguées, nous n’en avions pas connaissance », a-t-il ajouté, affirmant que les autorités ont agi dès qu’elles ont été informées des faits présumés.

 

Les procureurs américains affirment que Chen aurait dirigé des complexes de travail forcé au Cambodge, où des victimes de traite auraient été détenues dans des installations sécurisées, entourées de hauts murs et de barbelés. Prince Group a toutefois rejeté ces accusations.

 

Hun Manet a précisé que l’ancien conseiller avait été extradé vers la Chine — et non vers les États-Unis — en raison de sa nationalité. Chen a par ailleurs été déchu de sa nationalité cambodgienne après la découverte de l’utilisation d’un faux document pour l’obtenir, selon le Premier ministre.

 

Il ne lui restait alors que la nationalité chinoise, ce qui a conduit les autorités cambodgiennes à procéder à son extradition vers son pays d’origine.

 

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