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CAMBODGE – EUROPE : Le Trésor britannique s’en prend aux cyberescroqueries

Date de publication : 29/03/2026
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cyber-scam Cambodge

 

Le Royaume-Uni a sanctionné jeudi 26 mars les opérateurs de ce qu’il a décrit comme le plus grand complexe d’escroquerie au Cambodge ainsi qu’une place de marché en ligne de cryptomonnaie utilisée pour le commerce de données personnelles volées, dans le but de protéger les citoyens britanniques contre les escroqueries en ligne organisées.

 

Dans un communiqué conjoint du Ministère britannique des Affaires étrangères et Ministère de l’intérieur, Londres annonce une nouvelle série de sanctions ciblant des acteurs clés impliqués dans l’exploitation de centres d’arnaques à grande échelle.

 

« #8 Park », symbole d’un système industriel

 

Au cœur de cette offensive figure le complexe « #8 Park », présenté comme le plus vaste centre d’escroquerie du Cambodge, capable d’héberger jusqu’à 20 000 travailleurs. Ce site est exploité par Legend Innovation Co., dont le directeur Eang Soklim est désormais sous sanctions britanniques.

 

Les enquêteurs relient ce complexe au réseau du magnat Chen Zhi, que Londres surveille étroitement depuis 2025. Dans le même élan, les autorités sanctionnent plusieurs de ses proches collaborateurs, dont Thet Li et Hu Xiaowei.

 

Des victimes piégées dans des centres fermés

 

Selon les autorités britanniques, ces centres fonctionnent comme de véritables usines à fraude. Des réseaux criminels attirent des ressortissants étrangers avec de fausses promesses d’emploi, puis les retiennent pour certains contre leur gré et les forcent à participer à des escroqueries en ligne, notamment des arnaques sentimentales.

 

Ces opérations ciblent des victimes à l’échelle mondiale, y compris au Royaume-Uni, et reposent sur l’exploitation massive de données personnelles volées.

 

Une infrastructure numérique au service des arnaques

 

Londres s’attaque également à Xinbi, une plateforme en langue chinoise qui fournit des services essentiels à ces centres, notamment la vente de données piratées et des outils de communication permettant d’approcher les victimes.

 

Les sanctions visent à isoler cette plateforme du système financier légal et à entraver ses flux en cryptomonnaies. Une stratégie similaire avait conduit à la fermeture de BYEX, autre acteur du blanchiment d’argent issu des fraudes.

 

Des avoirs gelés jusqu’à Londres

 

Les mesures annoncées incluent le gel d’actifs liés à ce réseau, notamment des propriétés immobilières au Royaume-Uni, y compris un penthouse de 9 millions de livres (12 millions de dollars) près de Westminster. Ces actions s’inscrivent dans la continuité des sanctions prises l’an dernier, qui avaient déjà permis de bloquer plus d’un milliard de livres d’avoirs.

 

Phnom Penh sous pression

 

Sous pression internationale, le gouvernement cambodgien a lancé ces derniers mois une vaste offensive contre l’économie des escroqueries. Les autorités locales évoquent des milliers de sites perquisitionnés, la fermeture de centaines de centres et la libération de dizaines de milliers de travailleurs étrangers. Les sanctions britanniques viennent appuyer ces efforts, tout en accentuant la pression sur les réseaux encore actifs dans le pays.

 

Une réponse globale en préparation

 

Pour Stephen Doughty, le ministre des Affaires étrangères, ces mesures envoient « un message clair » contre les réseaux criminels. « Nous ne permettrons pas que des Britanniques deviennent victimes de ces horribles escroqueries ni que les terribles violations des droits humains perpétrées dans ces centres d’escroquerie soient tolérées », a-t-il ajouté.

 

Le Royaume-Uni entend poursuivre cette mobilisation lors du sommet sur la finance illicite prévu en juin, avec l’objectif de renforcer la coopération internationale contre le blanchiment d’argent et l’usage détourné des cryptomonnaies.

 

Ces nouvelles sanctions font suite à une action coordonnée avec les États-Unis l’année dernière contre le Prince Group cambodgien, qui, selon les ministres, a contribué à déclencher des raids régionaux et la fermeture de centaines d’opérations frauduleuses.

 

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