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Hier la gifle. Aujourd’hui la pommade. En une année de présidence, Donald Trump a peaufiné la méthode éprouvée du « good cop-bad cop », le gentil flic et le méchant flic. Quelques phrases de Marco Rubio à l’intention des dirigeants européens présents à la Conférence annuelle sur la sécurité ont suffi, samedi 14 février, pour se rendre compte que Washington a compris que les gifles ont leurs limites lorsqu’il s’agit de traiter avec ses alliés.
Lors de la Saint-Valentin 2025, le vice-président JD Vance n’avait eu, dans la même salle de l’hôtel Bayerischer Hof, que des mots de désamour et de rancœur. L’Europe, qui trahit ses valeurs, avait-il averti, est bien plus dangereuse que la Russie ou que la Chine ! Vraiment ? Marco Rubio a, lui, rectifié le tir. La grandeur de l’Occident, a-t-il dit, exige simplement d’être sur la même longueur d’onde au sein de l’OTAN. Avec, à la tête de l’orchestre géopolitique, un chef nommé Donald J. Trump…
La vérité est que les Européens ont bataillé des mois durant pour obtenir ce changement d’attitude. Résultat : à Munich, où leurs ancêtres avaient cédé en 1938 face à Hitler, Emmanuel Macron, Friedrich Merz et Keir Starmer ont cette fois tenu bon face à l’appétit impérial de l’Oncle Sam. Mais gare aux réjouissances trop hâtives. Gare, surtout, aux faux espoirs.
La menace, demain, d’une nouvelle gifle américaine, à propos du Groenland, des tarifs douaniers ou des services numériques, n’est pas du tout exclue. Et les vertus de la pommade diplomatique, on le sait, sont toujours passagères. Tant mieux si Munich n’est plus Munich. Mais sur l’Ukraine comme au Moyen-Orient, et dans l’Arctique comme en matière commerciale, le racket « Made in USA » version MAGA n’a pas encore fait long feu. La preuve ? Ceux qui paient et ceux qui subissent sont, pour l’heure, toujours de ce côté-ci de l’Atlantique.
Bonne lecture, sur la ligne Siegfried!
(Pour débattre : richard.werly@ringier.ch)
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