
À Bali, le paradis des vacances connaît quelques sérieux problèmes de carburant. Depuis plusieurs jours, des automobilistes patientent devant des stations-service à sec, tandis que les files d’attente aggravent les embouteillages. Derrière ces perturbations, un incident logistique qui révèle la dépendance de l’île indonésienne à ses approvisionnements énergétiques. Mardi 13 octobre, les autorités ont annoncé des mesures d’urgence pour rétablir la distribution.
À Denpasar, la capitale provinciale, comme dans le district de Badung, qui englobe plusieurs destinations touristiques du sud de Bali, notamment Kuta et Seminyak, faire le plein est devenu compliqué. Certaines stations-service ont temporairement fermé leurs pompes faute de carburant. Devant celles qui continuent de fonctionner, les files de voitures et de scooters s’allongent.
La situation touche également Jembrana, dans l’ouest de l’île, sur l’axe routier reliant Bali à Java. Selon la presse indonésienne, quatorze stations-service de ce district ont été affectées par des ruptures d’approvisionnement. Des automobilistes ont dû parcourir plusieurs kilomètres avant de trouver une pompe encore en service.
Ces difficultés prennent une dimension particulière à Bali. Contrairement aux grandes métropoles européennes, l’île ne dispose pas d’un réseau de transports collectifs permettant de se déplacer facilement entre ses principales destinations. Scooters, voitures, taxis et véhicules touristiques constituent l’essentiel des moyens de transport.
Une pénurie d’essence peut donc rapidement compliquer les déplacements quotidiens, les livraisons et les activités liées au tourisme. À ce stade, toutefois, aucune donnée fiable ne permet d’affirmer que les hôtels ou les excursions touristiques subissent des perturbations généralisées.
Un pétrolier retardé, des stations-service à sec
Mardi 13 octobre, le directeur général de Pertamina, Simon Aloysius Mantiri, a présenté ses excuses aux habitants de Bali. La compagnie pétrolière publique indonésienne, acteur central de l’approvisionnement et de la distribution de carburant dans le pays, attribue une partie des difficultés à un incident survenu lors de l’arrivée d’un pétrolier.
Selon ses explications, des problèmes techniques liés aux opérations d’ancrage ont retardé le déchargement du navire. Initialement prévu vers 6h30, celui-ci n’a finalement pu commencer que vers 22 heures. Ce retard a perturbé l’acheminement du carburant vers les dépôts, puis vers les stations-service.
Mais l’incident maritime n’explique pas nécessairement à lui seul l’ampleur des difficultés. Pertamina évoque également une forte demande de Pertalite, une essence dont le prix est administré et soutenu par un mécanisme de compensation publique.
Moins cher que le Pertamax, autre carburant largement commercialisé en Indonésie, le Pertalite est particulièrement recherché par les automobilistes et les conducteurs de deux-roues. Cette concentration de la demande accentue les tensions lorsque les livraisons prennent du retard.
Plus de 22 millions de litres pour sortir de la crise
Face à la multiplication des difficultés, le gouverneur de Bali, Wayan Koster, a réuni mardi les responsables de Pertamina afin d’accélérer le rétablissement de l’approvisionnement. Les autorités ont annoncé l’arrivée de 19,2 millions de litres de Pertalite et de 3 millions de litres de Pertamax, soit un total de 22,2 millions de litres de carburant.
D’autres livraisons sont programmées dans les prochains jours. Selon le gouverneur, les volumes disponibles et attendus devraient permettre de couvrir les besoins de l’île pendant environ deux semaines. Encore faut-il acheminer rapidement ces réserves jusqu’aux stations-service.
Pour accélérer les distributions, 92 stations de Denpasar et du district de Badung doivent fonctionner 24 heures sur 24. Pertamina a également décidé de renforcer sa flotte de camions-citernes, passant de 90 à 105 véhicules mobilisés.
La police participe à la coordination des livraisons pour faciliter la circulation des camions et limiter les perturbations sur les axes routiers. Les autorités espèrent ainsi réduire progressivement les files d’attente, tout en appelant les habitants à éviter les achats de précaution susceptibles d’aggraver temporairement la situation.
Une fragilité derrière la carte postale
Pour les millions de visiteurs qui découvrent chaque année Bali, l’île évoque d’abord ses plages, ses temples et ses rizières. Mais derrière cette image touristique se trouve un territoire où les déplacements reposent très largement sur la route et où la régularité des livraisons de carburant joue un rôle essentiel.
Les difficultés de ces derniers jours rappellent cette dépendance. Elles montrent aussi qu’un incident logistique, lorsqu’il se conjugue à une forte demande, peut provoquer des perturbations visibles bien au-delà des installations pétrolières.
Pertamina et les autorités provinciales assurent que les nouveaux approvisionnements devraient permettre un retour progressif à la normale. Au 13 octobre, cependant, la disparition des files d’attente n’est pas encore confirmée.
Reste une question pour cette destination touristique internationale : comment éviter qu’un nouveau retard d’approvisionnement ne provoque les mêmes difficultés ?
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