
Les salaires au Japon ont enregistré un léger rebond en décembre 2025, mais la hausse est restée inférieure aux attentes du marché, confirmant la fragilité de la reprise du pouvoir d’achat des ménages. Selon la dernière enquête mensuelle du ministère du Travail, les rémunérations totales ont progressé de 2,4 % sur un an, après 1,7 % en novembre, mais en deçà des 3,2 % anticipés par les économistes.
Cette progression tient en grande partie au versement des primes d’hiver, tandis que les salaires de base – indicateur clé de la tendance de fond – ont continué d’augmenter à un rythme proche de celui des mois précédents, autour de 2,5 % pour les salariés à temps plein.
Des salaires réels toujours sous pression en 2025
Malgré ce rebond nominal, les salaires réels, corrigés de l’inflation, sont restés légèrement négatifs en décembre, à –0,1 % sur un an. L’année 2025 s’est ainsi achevée sans véritable amélioration du pouvoir d’achat. Toutefois, la baisse attendue de l’inflation en janvier 2026 pourrait enfin permettre un retour en territoire positif des salaires réels, une évolution très attendue après plusieurs années d’érosion.
Les économistes restent cependant prudents, car l’enquête salariale japonaise subit chaque année un changement d’échantillon en janvier, un facteur technique qui avait fortement pesé sur les chiffres l’an dernier et pourrait à nouveau brouiller la lecture de la tendance réelle.
Le Shunto 2026 démarre sur des revendications élevées
Dans ce contexte, les grandes négociations salariales du printemps, connues sous le nom de Shunto, ont officiellement débuté le 5 février. Les syndicats des grandes entreprises, notamment dans l’automobile, le rail et l’énergie, réclament des hausses de salaires proches de celles obtenues en 2025, marquant une volonté claire de consolider les gains récents.
Compte tenu de la bonne santé financière des entreprises japonaises, les analystes jugent peu probable un net recul des augmentations. Ils tablent toujours sur une hausse des salaires de base d’environ 3,5 % pour l’exercice 2026, un niveau qui, s’il se confirme, renforcerait la dynamique de sortie durable de la déflation et soutiendrait la consommation intérieure.
Pour le Japon, longtemps englué dans la stagnation salariale, l’enjeu est majeur : transformer ce cycle de hausses en un moteur durable de croissance et de confiance des ménages.
Chaque semaine, recevez notre lettre d’informations Gavroche Hebdo. Inscrivez-vous en cliquant ici.










