
Une chronique siamoise de Patrick Chesneau
Ubon Ratchathani, poumon économique et commercial face au Laos. Près de 150 000 habitants. Posée nonchalamment sur l’une des rives du Mékong, à la pointe orientale du Triangle d’Émeraude, cette cité, joyau de la ruralité siamoise, connaît chaque année une grandiose effervescence à l’occasion du Festival des bougies. Pendant trois jours, elle devient la vitrine incontestée de l’Isaan, l’immense région qui couvre le nord-est de la Thaïlande.
Au tout début de ce mois d’août, parades et processions bigarrées ont pris possession des principales artères du centre-ville, transformées en une scène entièrement dédiée au folklore rural et aux arts populaires.
Pour cette édition 2569 du calendrier bouddhique, une foule impressionnante est venue admirer les chars surmontés de gigantesques sculptures de cire. Un véritable travail d’orfèvre, fruit du talent et de la créativité des artistes locaux. Exclusivement locaux.
Les artistes de l’Isaan à l’honneur
Le public a notamment pu découvrir les œuvres de Wisut Ponnimit, plasticien, pionnier du manga thaïlandais, dessinateur, illustrateur, musicien et passionné de vidéographie.
Cette année, cet artiste particulièrement éclectique a présenté deux sculptures originales trônant en majesté sur un char ouvrant les défilés : Nong Mamuang Smile, une statue grand format incarnant un esprit thaïlandais détendu et débonnaire, et Nong Mamuang Dance, une statue en costume traditionnel inspirée de la danse fon ram (ฟ้อนรำ).
Cette danse est associée à Khao Pansa, premier jour du carême bouddhique, qui marque le début de la retraite des moines pour trois mois.
Comme pour lancer une vaste offensive de charme, des milliers de participantes en costume de cérémonie ont interprété un large éventail des danses les plus emblématiques du patrimoine de l’Isaan, le tout porté par les flots ininterrompus du molam, la musique emblématique de cette région.
Le soft power culturel en action
Les créations de Tum (prononcer « Toum », le surnom de l’artiste) s’inspirent directement du personnage qu’il a créé avant de le faire connaître au Japon, dès 2003, grâce au célèbre comic book Everybodyeverything.
Aujourd’hui, ce personnage iconique mêle pop art et héritage traditionnel de l’Isaan. Pour cette édition, son succès a été tel que la Tourism Authority of Thailand (TAT) a décidé d’en assurer la promotion sur les marchés internationaux.
L’artiste rejoint ainsi les figures du soft power thaïlandais, mobilisées pour faire connaître et valoriser le royaume à l’étranger.
Une manière, bien sûr, d’inciter les visiteurs internationaux à venir découvrir sur place l’extraordinaire richesse culturelle du Pays du Sourire.
Patrick Chesneau
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