
Les ménages thaïlandais voient leur situation financière se dégrader à mesure que leurs marges de manœuvre s’épuisent. Selon les données du National Economic and Social Development Council, le taux d’épargne a chuté à un niveau historiquement bas, révélant une fragilité croissante face aux chocs économiques.
Une consommation sous perfusion
Depuis plusieurs années, la consommation progresse plus vite que les revenus. En moyenne, les dépenses des ménages ont augmenté d’environ 4 % par an, contre seulement 3 % pour le revenu disponible. Ce déséquilibre s’est accentué en 2022, lorsque l’inflation a bondi, poussant les dépenses à la hausse alors que les revenus restaient contraints par des facteurs structurels.
Conséquence directe : les ménages ont puisé dans leur épargne pour maintenir leur niveau de vie. Le taux d’épargne est ainsi passé d’environ 7,5 % à seulement 0,5 %, un niveau critique qui limite désormais toute capacité d’amortissement.
Le crédit ne suffit plus
Face à l’érosion de leur épargne, les ménages se tournent davantage vers l’endettement. Mais cette stratégie atteint ses limites. Les banques, soucieuses du risque, freinent l’octroi de nouveaux crédits, en particulier pour les achats importants.
Dans ce contexte, la Banque de Thaïlande dispose de peu de leviers. Une baisse des taux pourrait soutenir le crédit, mais son efficacité reste incertaine, notamment en raison des pressions inflationnistes et des tensions sur la monnaie si les prix du pétrole restent élevés.
Un risque accru en cas de choc externe
La situation pourrait encore se détériorer en cas de prolongation des tensions au Moyen-Orient. Une hausse durable des prix de l’énergie réduirait davantage le pouvoir d’achat, alors même que les ménages n’ont plus de réserves pour absorber le choc.
Dans ce contexte, deux scénarios se dessinent : un ralentissement marqué de la consommation, qui pèserait sur le commerce de détail, ou une augmentation des défauts de paiement, à mesure que les dettes deviennent plus difficiles à honorer. Pour l’économie thaïlandaise, la fragilité des ménages apparaît ainsi comme un facteur de risque majeur à court terme.
Gaston Baht
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