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THAÏLANDE – ÉCONOMIE : Pourquoi la Banque de Thaïlande a surpris les marchés

Journaliste : Gaston Baht Date de publication : 28/02/2026
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La Banque de Thaïlande a créé la surprise. Contre toute attente, son Comité de politique monétaire (MPC) a voté, par 4 voix contre 2, une baisse de 25 points de base de son taux directeur, ramené à 1 %, alors que les marchés tablaient sur un statu quo.

 

Cette décision marque un tournant clair dans l’orientation de l’institution, désormais dirigée par un nouveau gouverneur et épaulée par un nouveau secrétaire du MPC. Le ton change, et avec lui, la fonction de réaction de la banque centrale.

 

Un virage plus accommodant malgré une croissance solide

 

La baisse intervient alors même que le PIB du quatrième trimestre 2025 a dépassé les attentes, porté par l’investissement privé et les exportations de biens. Mais pour le MPC, l’essentiel n’est plus seulement la performance conjoncturelle : la croissance reste inférieure à son potentiel estimé à 2,7 %, et devrait demeurer inégale en 2026-2027.

 

Les freins structurels persistent, la concurrence internationale s’intensifie et la consommation montre des signes de ralentissement. À cela s’ajoutent des risques externes, notamment liés à la politique commerciale américaine, ainsi que d’éventuels retards budgétaires. Les petites et moyennes entreprises (PME) restent particulièrement vulnérables.

 

Contrairement à l’approche précédente, davantage centrée sur l’écart entre croissance observée et prévisions, le MPC assume désormais une lecture plus prudente des perspectives à moyen terme.

 

Pressions inflationnistes en recul

 

L’inflation constitue un autre facteur clé de ce revirement. Les risques baissiers sont jugés plus marqués qu’auparavant, sous l’effet de la baisse des prix de l’énergie, de possibles mesures gouvernementales supplémentaires, d’un pouvoir d’achat affaibli et d’une concurrence accrue.

 

Le retour de l’inflation dans la cible officielle est désormais attendu au second semestre 2027, contre le premier semestre précédemment. Si le risque de déflation reste limité et les anticipations bien ancrées, l’accent mis sur la faiblesse des pressions sur les prix renforce l’orientation accommodante de la politique monétaire.

 

Crédit sous tension et baht sous surveillance

 

Malgré la détente des taux, le crédit continue de se contracter. Les banques demeurent prudentes face aux emprunteurs jugés risqués, en particulier les PME et les ménages modestes. Les coûts d’emprunt restent élevés pour les entreprises les plus fragiles et les contraintes de liquidité persistent.

 

Autre sujet d’inquiétude : l’appréciation du baht, qui resserre les conditions financières pour des exportateurs déjà confrontés à des marges réduites. Le MPC a exprimé une préoccupation explicite quant à un possible désalignement du taux de change et a annoncé un suivi renforcé des flux de change, notamment ceux liés à l’or.

 

Une marge de manœuvre réduite

 

Le communiqué souligne que le taux directeur à 1 % correspond désormais à une position « suffisamment accommodante ». Autrement dit, si un risque baissier subsiste autour de ce niveau terminal, la barre pour de nouvelles réductions est plus élevée et dépendra strictement des données économiques à venir.

 

Ce mouvement confirme l’entrée dans un nouveau régime monétaire, caractérisé par une sensibilité accrue aux risques pesant sur la croissance et l’inflation. Reste à observer si la nomination d’un nouveau membre du MPC et d’éventuels changements au sein de la haute direction de la banque centrale viendront consolider — ou infléchir — cette orientation plus encline à baisser les taux.

 

Gaston baht

 

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