
Le choc a été immédiat. En Thaïlande, les prix des carburants ont bondi jusqu’à 20 % du jour au lendemain, prenant de court automobilistes et entreprises. Diesel comme essence ont augmenté de 6 à 8 bahts par litre dès 5 heures du matin, après une annonce gouvernementale tardive dans la soirée, vers 23 heures. Résultat : des files d’attente se sont formées dans tout le pays, les conducteurs tentant de faire le plein avant l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs.
Cette hausse soudaine s’inscrit dans un tournant de politique énergétique. Le gouvernement a en effet décidé de réduire fortement les subventions qui maintenaient jusque-là les prix à un niveau artificiellement bas. Fin février, le diesel était encore plafonné à 29,94 bahts par litre. Mais face à la flambée des prix internationaux, ces aides avaient été massivement augmentées, atteignant près de 27 bahts par litre fin mars — un niveau jugé intenable pour les finances publiques.
La levée de ces soutiens, opérée en deux étapes les 18 et 25 mars, a donc mécaniquement entraîné une hausse d’environ 6 bahts par litre. Une augmentation qui touche l’ensemble des consommateurs, mais dont l’impact est particulièrement marqué pour les secteurs les plus dépendants du carburant.
Selon l’économiste Aat Pisanwanich, le transport — qui représente près de 62 % de la consommation de diesel — est en première ligne. Pour certains opérateurs, la hausse se traduit par un surcoût d’environ 1 200 bahts par jour. Dans l’industrie, où les besoins énergétiques sont plus intensifs, l’addition peut grimper jusqu’à 3 000 bahts quotidiens.
Au-delà des coûts immédiats, cette remontée des prix pourrait avoir des effets plus larges. Elle risque d’alimenter l’inflation, de peser sur la consommation et de fragiliser la compétitivité de certains secteurs. Dans le même temps, l’alignement des prix du diesel sur ceux de la Malaisie pourrait réduire les incitations aux trafics transfrontaliers de carburant, souvent accusés d’avoir contribué à des pénuries locales.
Entre nécessité de préserver les finances publiques et risque de choc économique, la Thaïlande entre dans une phase plus incertaine, où chaque variation des prix de l’énergie pourrait désormais se répercuter rapidement sur l’ensemble de l’économie.
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