
C’est une évidence : tous les sondages démontrent la popularité du parti orange, le Parti du peuple, actuellement dans l’opposition et bien placé pour remporter les législatives du 8 février en Thaïlande. La victoire de cette formation, on le sait, serait un nouveau coup de semonce pour le système politique du royaume, articulé autour de l’armée et de la monarchie. Même si tout porte à croire que l’heure est aujourd’hui au compromis, avec la volonté d’éviter une nouvelle crise institutionnelle.
Une autre évidence, toutefois, risque de jouer un rôle décisif dans les urnes : le vent nationaliste qui secoue la Thaïlande depuis que la guerre avec le Cambodge s’est invitée aux frontières. Or qui dit nationalisme dit soutien aux partis proches des militaires, et pressions accrues sur le camp orange, favori des jeunes générations mais peut-être jugé trop peu fiable pour assumer le pouvoir dans ces circonstances compliquées.
Volonté de renouveau d’un côté. Défense du territoire national face aux incursions du voisin cambodgien d’autre part. Tels sont, une semaine avant les législatives du 8 février, les deux principaux facteurs qui encadreront le scrutin. On sait qu’en Thaïlande, l’armée royale est toujours en embuscade et que la démocratie, réelle, demeure sous surveillance, en particulier lorsque la monarchie est en jeu. Le vent nationaliste se transformera-t-il en tempête politique ? Qui en profitera ?
Le plus probable est qu’au lendemain du vote, les négociations commenceront très vite pour former un gouvernement de coalition. Lequel sera obligatoirement arbitré par les pouvoirs en place. Des pouvoirs qui demeurent, quel que soit le verdict des urnes. Vous devinez lesquels ?
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