
L’Union européenne a proposé d’imposer des sanctions au port indonésien de Karimun, accusé d’avoir servi de plateforme de transbordement de pétrole russe afin de contourner les sanctions occidentales. Ce serait une première : une infrastructure d’Asie du Sud-Est serait directement visée par le régime de sanctions européen.
Selon un document du Service européen pour l’action extérieure et de la Commission européenne, l’Union européenne a inscrit le port de Karimun dans le projet de 20ᵉ paquet de sanctions contre la Russie et l’accuse d’avoir facilité le transit de pétrole russe en masquant son origine.
Situé dans une zone franche près de Singapour, le port de Karimun est devenu depuis 2025 un hub majeur de transbordement, où des opérateurs mélangent du pétrole russe à d’autres cargaisons avant de le réexporter vers la Malaisie, Singapour et la Chine sous une autre origine. Les services de renseignement ukrainiens estiment que près de 590 000 tonnes de fioul russe y ont transité depuis le début de l’année.
Si l’UE adopte la mesure, elle interdira aux entreprises européennes toute relation commerciale avec le port. Les États membres doivent encore l’approuver à l’unanimité. L’Indonésie et la compagnie publique Pertamina contestent toute violation des sanctions.
Bruxelles prévoit d’adopter ce nouveau paquet d’ici au 24 février, date anniversaire de l’invasion de l’Ukraine, et poursuit l’élargissement de sa liste noire de navires transportant du pétrole russe.
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