
Le secteur touristique thaïlandais commence à ressentir les effets directs de l’escalade des tensions entre Israël, les États-Unis et l’Iran, avec une multiplication des annulations de vols et une inquiétude parmi les voyageurs.
Adith Chairattananon, secrétaire général de l’Association des agents de voyage thaïlandais (ATTA), constate déjà les premières annulations de vols vers la Thaïlande en raison des perturbations des liaisons aériennes internationales. Le 28 février, les compagnies ont annulé dix vols à destination de Phuket, confirmant l’impact direct sur le tourisme entrant.
À l’aéroport de Phuket, les perturbations ont touché 25 vols ce dimanche 1er mars, un chiffre supérieur aux premières estimations. Cinq compagnies sont concernées : Air Arabia, Emirates, Etihad Airways, Qatar Airways et Unicair. Les annulations et les ajustements d’horaires résultent des conflits en cours et des détours que les avions doivent effectuer pour éviter les espaces aériens touchés par la crise.
Les autorités aéroportuaires renforcent l’assistance aux passagers. Elles distribuent de l’eau potable, ouvrent un centre de coordination et aménagent des zones d’attente supplémentaires dans le terminal international. Elles déploient aussi davantage de personnel pour informer les voyageurs et faciliter les changements ou reports de vols.
À Bangkok, l’aéroport de Suvarnabhumi enregistre également des perturbations ces derniers jours : plusieurs compagnies du Moyen-Orient et d’Israël ont annulé ou modifié des vols, entraînant l’annulation de dizaines de liaisons. Les transporteurs ont rerouté de nombreuses dessertes vers l’Europe afin d’éviter les zones à risque, ce qui allonge les temps de vol d’une à deux heures.
Thai Airways International affirme qu’elle continue d’exploiter ses vols normalement, tout en adaptant certaines routes européennes afin d’éviter les espaces aériens sensibles.
Un appel à des mesures rapides
Si le conflit devait se prolonger, l’impact pourrait s’intensifier au cours des deuxième, troisième et quatrième trimestres de 2026, notamment sur les marchés long-courriers, qui génèrent généralement des dépenses plus élevées et des séjours plus longs.
L’ATTA appelle le gouvernement à mettre en place des mesures d’urgence à court terme dans les 7 à 20 prochains jours afin d’aider les voyageurs bloqués, d’instaurer des politiques de flexibilité pour les réservations de vols et d’hôtels, et de communiquer clairement sur le fait que la Thaïlande reste en dehors de la zone de conflit et demeure une destination sûre pour les touristes.
L’association propose aussi de créer un groupe de travail permanent réunissant les autorités et le secteur privé pour gérer la crise et mieux anticiper les difficultés à venir. Les marchés long-courriers étant essentiels pour les revenus du tourisme, une coordination plus étroite avec les compagnies aériennes est nécessaire pour limiter les perturbations si les tensions continuent.
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