
Les perspectives économiques de la Thaïlande pour 2026 viennent d’être légèrement rehaussées. Après un quatrième trimestre 2025 plus robuste que prévu, les analystes estiment désormais que le PIB du royaume pourrait croître de 1,8 % contre 1,6 % précédemment. Un chiffre modeste, mais révélateur d’une résilience inattendue face à un contexte mondial incertain.
Le coup de pouce des dépenses publiques et des véhicules électriques
L’élément clé de cette révision ? Une accélération spectaculaire des dépenses publiques et des ventes de véhicules électriques à la fin de l’année dernière. Ce « coup d’accélérateur fiscal » a permis de débloquer des fonds accumulés depuis plusieurs trimestres, relançant les chantiers d’infrastructures et offrant un appui solide pour la première moitié de 2026.
Tourisme et industrie : un deuxième souffle
Du côté du tourisme, la Thaïlande pourrait accueillir 35,1 millions de visiteurs en 2026, portés par l’effet « substitution Chine-Japon ». Les tensions régionales continuent de rediriger les voyageurs chinois vers le royaume, tandis que l’Europe, l’Inde et la Russie maintiennent leur dynamisme, stabilisant les recettes.
L’industrie locale, elle, montre des signes de stabilisation : l’électronique profite d’un cycle mondial haussier et la production automobile se reprend doucement, offrant un plancher rassurant à l’activité manufacturière.
Le facteur Iran : le prix du pétrole sous surveillance
Mais le spectre de l’Iran plane sur ces perspectives. En tant que grand importateur net d’énergie, la Thaïlande reste très sensible aux fluctuations du pétrole. Une flambée prolongée des prix pourrait agir comme une taxe régressive sur l’économie domestique. Le scénario de base suppose un pic temporaire, mais les risques sont orientés vers des situations où l’énergie chère freinerait la reprise.
Sensibilité de la croissance : attention aux scénarios extrêmes
Les économistes ont testé trois trajectoires selon l’intensité du conflit au Moyen-Orient. Dans le scénario sévère, un pétrole à 120 $ le baril pourrait plonger la croissance sous 0,7 %, bloquant l’élan du secteur des services et ralentissant tourisme, exportations et consommation.
Défis fiscaux et limites des subventions
La hausse de l’énergie met aussi les finances publiques sous pression. Le plafonnement du diesel à 30 bahts/litre pourrait coûter jusqu’à 20 milliards de bahts par mois au Fonds pétrolier, faisant renaître une « dette fantôme » déjà observée à 120 milliards lors de cycles précédents. Avec les engagements d’EGAT et la dette publique existante, la marge de manœuvre pour des réformes structurelles reste limitée.
Malgré ces risques, l’inflation reste faible et la politique monétaire devrait rester stable. La Thaïlande avance donc avec prudence : moteur relancé, mais regard fixé sur l’horizon énergétique et géopolitique.
Gaston Baht
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