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THAÏLANDE – ÉCONOMIE : Le risque de récession augmente

Journaliste : Gaston Baht Date de publication : 07/04/2026
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Supermarché

 

La Thaïlande entre dans une zone de turbulences économiques. Le choc énergétique provoqué par la guerre en Iran bouleverse les équilibres et fait basculer les perspectives : d’un simple épisode de stagflation — faible croissance et inflation élevée — le pays pourrait glisser vers un véritable risque de récession.

 

Les économistes de la banque Kiatnakin PathraX revoient nettement leurs prévisions. La croissance du PIB pour 2026 est désormais attendue à 1,3 %, contre 1,8 % auparavant, tandis que l’inflation grimpe à 3,0 %, portée par un prix du pétrole estimé autour de 93 dollars le baril.

 

Une économie particulièrement exposée

 

La Thaïlande se trouve en première ligne face à ce choc. Forte dépendance aux importations d’énergie, modèle de croissance largement tiré par le tourisme et marges budgétaires limitées : autant de facteurs qui accentuent sa vulnérabilité.

 

Le pays ne peut pas se permettre de rester spectateur. Le choc pétrolier frappe simultanément plusieurs piliers de son économie.

 

Le tourisme en perte de vitesse

 

Jusqu’au début de 2026, le tourisme constituait le principal moteur de croissance. La dynamique s’inverse désormais. La hausse du prix du carburant aérien, les perturbations des déplacements et le recul de la confiance des voyageurs freinent les arrivées.

 

Les analystes anticipent désormais un nombre de touristes étrangers inférieur à celui de 2025. L’impact dépasse largement le secteur touristique lui-même : hôtellerie, restauration et commerce subissent à leur tour les effets du ralentissement.

 

Des exportations fragilisées

 

Le commerce extérieur thaïlandais montre également ses limites. La forte croissance des exportations en 2025 reposait en partie sur des flux de transbordement liés à la Chine, destinés à contourner les droits de douane américains.

 

Ce modèle se retrouve aujourd’hui sous pression. Les États-Unis ont lancé une enquête sur les pratiques commerciales thaïlandaises, tandis que l’environnement commercial mondial évolue rapidement. Le choc pétrolier vient ainsi aggraver une fragilité déjà existante.

 

Une consommation sous pression

 

Du côté des ménages, la hausse des prix de l’énergie agit comme un impôt invisible, touchant particulièrement les foyers les plus modestes. L’énergie représente environ 14 % des dépenses des ménages, et son renchérissement réduit le pouvoir d’achat.

 

Cette pression intervient alors que l’endettement reste élevé depuis la période Covid et que l’épargne a été largement entamée. La combinaison d’une hausse des coûts et de revenus stagnants risque d’enclencher un cercle négatif pour la consommation.

 

Des marges budgétaires quasi épuisées

 

L’État dispose de peu de leviers pour amortir le choc. La dette publique approche déjà du plafond légal de 70 % du PIB, limitant les possibilités de relance.

 

Le gouvernement laisse les prix de l’énergie s’ajuster tout en ciblant certaines aides, une stratégie à la fois contrainte et pragmatique. Mais le risque demeure : une hausse des dépenses sans véritable effet sur la croissance pourrait alourdir encore la dette sans améliorer la situation économique.

 

Une banque centrale prudente

 

Face à ce contexte, la Banque de Thaïlande devrait éviter toute réaction brutale. Contrairement à 2022, l’inflation était faible avant le choc et la demande intérieure reste fragile.

 

Les analystes anticipent un maintien des taux dans un premier temps, avant une baisse progressive jusqu’à 0,75 % fin 2026, puis un relèvement modéré en 2027. L’objectif : soutenir l’économie tout en reconstituant des marges de manœuvre dans un environnement devenu plus instable.

 

Entre choc énergétique, fragilités structurelles et contraintes budgétaires, la Thaïlande fait face à un tournant. Si les tensions internationales se prolongent, le pays pourrait rapidement passer d’un simple ralentissement à un véritable risque de récession.

 

Gaston Baht

 

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