
La Thaïlande a officiellement salué l’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran, y voyant une opportunité de désescalade dans une région stratégique pour ses intérêts économiques.
Dans un communiqué publié le 8 avril, le ministère des Affaires étrangères a exprimé son soutien à cette trêve temporaire, tout en appelant les parties à transformer cette pause en cessez-le-feu durable. Bangkok a réaffirmé son attachement à une résolution des conflits par la voie diplomatique et au respect du droit international, notamment la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz.
Des navires thaïlandais toujours bloqués
Sur le terrain, la situation reste toutefois critique. Neuf navires thaïlandais demeurent actuellement bloqués dans le détroit d’Ormuz dans l’attente d’une autorisation de passage, a indiqué le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Sihasak Phuangketkeow.
Parmi eux, cinq transportent des engrais, un élément clé pour l’agriculture, ce qui souligne les implications économiques directes pour le royaume. Un premier navire, exploité par Bangchak Corporation, a déjà pu franchir le détroit, mais les autres attendent toujours un feu vert.
Bangkok prévoit de solliciter l’aide d’Oman afin de coordonner avec l’Iran le passage de ces bâtiments durant la période de trêve.
Une diplomatie active dans la région
Dans ce contexte, Sihasak Phuangketkeow doit se rendre à Mascate les 15 et 16 avril, à l’invitation de son homologue omanais. Cette visite vise notamment à remercier les autorités d’Oman pour leur rôle dans l’assistance apportée à l’équipage du cargo Mayuree Naree, attaqué en mars dans le détroit.
Cet incident, qui a coûté la vie à trois marins thaïlandais, a mis en lumière la vulnérabilité des intérêts du royaume dans cette zone hautement stratégique.
Un enjeu vital pour l’économie thaïlandaise
Le détroit d’Ormuz constitue un point de passage essentiel pour les approvisionnements énergétiques mondiaux, dont dépend largement la Thaïlande. Toute perturbation dans cette zone a des répercussions immédiates sur les coûts de transport, l’énergie et certains secteurs clés comme l’agriculture.
Dans ce contexte, Bangkok insiste sur la nécessité de garantir la sécurité des routes maritimes et appelle à une stabilisation rapide de la région.
Une trêve encore fragile
Si la trêve annoncée par Washington ouvre une fenêtre diplomatique, elle reste conditionnelle et limitée dans le temps. Les autorités américaines elles-mêmes évoquent une pause temporaire, tandis que d’autres foyers de tension persistent au Moyen-Orient.
Face à cette incertitude, la Thaïlande adopte une position prudente : soutenir les efforts de paix tout en protégeant ses intérêts économiques immédiats.
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