
L’inflation en Thaïlande montre des signes de retournement. Après plusieurs mois de pressions déflationnistes, les prix repartent à la hausse, portés par l’énergie et les tensions sur les coûts alimentaires.
En mars, l’indice des prix à la consommation (CPI) recule encore légèrement de 0,08 % sur un an, mais marque un net redressement par rapport à février (-0,88 %). Sur un mois, les prix progressent de 0,60 %, tirés principalement par la hausse des carburants.
Le choc des prix de l’énergie
La remontée des prix s’explique en grande partie par une hausse de 7,3 % des carburants sur un mois, liée à la réduction des subventions publiques et à la hausse des prix du pétrole dans un contexte géopolitique tendu. Les tarifs aériens, domestiques comme internationaux, ont également augmenté, reflétant cette pression sur les coûts énergétiques.
Sur l’ensemble du premier trimestre, l’inflation reste toutefois négative (-0,54 %), signe que la sortie de la déflation reste progressive.
L’alimentation sous pression
Les prix alimentaires commencent eux aussi à remonter. En mars, ils progressent de 0,27 % sur un mois, sous l’effet de la hausse des légumes frais, de la viande et des œufs. La chaleur et les perturbations de l’offre pèsent sur la production, tandis que les coûts de transport et d’alimentation animale augmentent.
Sur un an, les prix alimentaires restent en hausse (+0,34 %), malgré le recul de certains produits comme les fruits ou les huiles végétales.
Une inflation sous-jacente encore modérée
L’inflation dite « cœur », qui exclut les éléments volatils, demeure contenue à +0,57 % sur un an. Elle est principalement alimentée par la hausse des plats préparés et des boissons, traduisant une répercussion progressive des coûts sur les consommateurs. En revanche, certains secteurs comme l’habillement ou les biens de consommation courante continuent de subir des pressions à la baisse.
Des perspectives revues à la hausse
Les analystes anticipent désormais une accélération plus marquée. La prévision d’inflation pour 2026 a été fortement relevée, passant de 0,2 % à 3 %. En cause : la décision des autorités de laisser le prix du diesel dépasser 50 bahts par litre, un seuil bien supérieur aux plafonds précédents. Cette évolution pourrait amplifier la transmission des coûts dans l’ensemble de l’économie.
Un effet domino à surveiller
Au-delà de l’énergie, les économistes s’attendent à des effets de second tour, notamment sur l’alimentation. La hausse des coûts logistiques pourrait progressivement se répercuter sur les produits bruts puis sur les plats préparés, accentuant la pression inflationniste dans les mois à venir.
Après une longue phase de faible inflation, la Thaïlande pourrait ainsi entrer dans une nouvelle dynamique, où la hausse des prix, tirée par l’énergie, s’étend progressivement à l’ensemble de l’économie.
Gaston Baht
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