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C’est fait. Bruno Retailleau est, depuis ce dimanche et le vote des adhérents de son parti, candidat de la droite à l’élection présidentielle de mai 2027. Sur le papier, ou plutôt dans les urnes des «Républicains», l’affaire est entendue. Le retour à l’ordre, à l’autorité, à la prospérité, ce sera lui! Fin de partie: les autres candidats déclarés qui lorgnent les électeurs conservateurs peuvent déposer les armes. Bruno Retailleau le Vendéen ne fera pas naufrage. Il est parti, au contraire, pour une transat en solitaire qu’il entend bien gagner lors de son arrivée au port nommé Élysée, dans tout juste un an.
La vérité est évidemment bien différente. Elle n’a même rien à voir. La course de la droite pour la présidence de la République française se profile comme une guerre fratricide à droite. Michel Barnier, David Lisnard, mais aussi Gabriel Attal ou Édouard Philippe sont sur les rangs, prêts à tirer des bords et à souquer ferme. Hissez haut! La droite démarre cette transat politique avec plusieurs capitaines de navires qui n’excluent pas la collision pour faire la différence. Parce qu’aucun d’entre eux, bien sûr, ne souhaite être départagé par une primaire. Laquelle, il est vrai, porte malheur depuis l’échec de celui qui devait à coup sûr présider la France en 2017: François Fillon.
Bruno Retailleau, dont les collègues sénateurs louent l’intelligence, l’ardeur au travail et l’intégrité, a passé la première bouée en tête. Il va maintenant essayer de trouver les vents porteurs, et mettre un sérieux coup de barre à droite pour éviter le discours fatal de l’union que le Rassemblement national, en position de favori, va entonner. Bien joué ? Voire. Partir tôt a toujours un inconvénient : il faut courir plus longtemps, et ratisser le plus large possible. Retailleau va passer beaucoup de temps sur le pont, au risque de se prendre en pleine figure les intempéries politiques. La course présidentielle au grand large peut, tout le monde le sait, se transformer en sacrée tempête.
Bonne lecture, avec Santiano !
(Pour débattre : richard.werly@ringier.ch)
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